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Erreur de lave-linge : un expert alerte, vous étalez peut-être des matières fécales sur vos vêtements

Erreur de lave-linge : un expert alerte, vous étalez peut-être des matières fécales sur vos vêtements

Au Royaume-Uni, une spécialiste de l’hygiène met en garde : une mauvaise habitude de lavage favoriserait la circulation de bactéries dans le linge.

En s’appuyant sur des travaux de microbiologistes américains, un article du média britannique LADbible relaie l’alerte d’une experte en hygiène : en lavant certains textiles à basse température, de nombreux foyers diffuseraient, sans le savoir, des matières fécales et des germes sur l’ensemble de leur linge.

Des sous-vêtements loin d’être aussi propres qu’on l’imagine

Le point de départ de cette alerte vient d’une étude publiée en 2021 par l’American Society for Microbiology, citée par LADbible. Les chercheurs y rappellent qu’un slip ou une culotte d’adulte contiennent en moyenne 0,1 gramme de matières fécales. Une quantité minime en apparence, mais suffisante pour transporter une forte charge de bactéries.

Le microbiologiste Charles Gerba, professeur à l’université d’Arizona aux États-Unis, déjà interrogé dès 2010 sur le sujet, donnait un ordre de grandeur frappant : lorsqu’on lance une machine composée uniquement de sous-vêtements, l’eau de lavage peut contenir environ 100 millions de bactéries Escherichia coli. Ces germes, issus des selles, se retrouvent alors en suspension dans l’eau.

Un seul cycle dédié aux sous-vêtements peut libérer jusqu’à 100 millions de bactéries E. coli dans l’eau du lave-linge, selon le professeur Charles Gerba.

Une fois présentes dans la cuve, ces bactéries ne disparaissent pas comme par magie à la fin du cycle. Le scientifique expliquait déjà qu’elles peuvent être transférées à la lessive suivante, en se déposant sur d’autres textiles. Or E. coli sert souvent d’indicateur de contamination fécale, et certaines souches peuvent provoquer des troubles digestifs ou des infections.

La température de lavage, élément clé contre les germes

L’étude citée par LADbible insiste sur un paramètre précis : la chaleur. Les auteurs rappellent que le contrôle des agents pathogènes dépend avant tout de la température de lavage. Ils estiment qu’il faut dépasser un seuil situé entre 40 et 60 °C pour neutraliser correctement ces micro-organismes dans le linge.

En dessous de cette plage, le risque augmente de conserver, voire de disséminer les bactéries sur l’ensemble du contenu du tambour. Cela concerne notamment les cycles à 30 ou 40 °C choisis pour limiter la consommation d’énergie ou préserver certains textiles fragiles.

En lavant à 30 ou 40 °C des sous-vêtements avec d’autres textiles, la probabilité de transférer des germes fécaux sur des torchons, serviettes ou taies d’oreiller devient nettement plus élevée.

Certains articles se retrouvent particulièrement exposés : torchons de cuisine, serviettes de toilette, gants de toilette, draps, taies d’oreiller, mais aussi vêtements d’enfants. Une contamination fécale sur un torchon utilisé ensuite sur des plans de travail ou de la vaisselle peut faciliter la circulation de bactéries dans toute la maison.

Au Royaume-Uni, la tentation des basses températures face aux factures

LADbible rappelle que, au Royaume-Uni, la hausse du coût de l’énergie a poussé de nombreux ménages à revoir leur façon de faire tourner la machine à laver. Une étude commandée par l’enseigne d’électroménager Currys, citée par le site, montre qu’un peu plus d’un tiers des personnes interrogées disent avoir modifié leurs habitudes de lavage.

Parmi elles, environ la moitié aurait décidé soit de laver à plus basse température, soit d’utiliser le lave-linge moins souvent pour contenir les dépenses. Ce réflexe paraît logique pour alléger la facture, mais il peut aussi réduire l’efficacité sanitaire, surtout lorsqu’il s’agit de textiles en contact direct avec la peau et les muqueuses.

  • Baisse des températures de lavage pour économiser l’énergie.
  • Cycles rapides privilégiés au détriment des programmes longs et chauds.
  • Mélange fréquent de sous-vêtements, torchons et linge de maison dans une même machine.

Ces changements, en apparence anodins, peuvent accroître le risque de contamination croisée si aucune précaution n’est prise pour compenser la diminution de la chaleur.

Ce que recommande la spécialiste de l’hygiène citée par LADbible

Pour limiter ces transferts indésirables, LADbible relaie les conseils de la docteure Lisa Ackerley, spécialiste britannique de l’hygiène connue sur les réseaux sociaux sous le nom de « The Hygiene Doctor ». Elle s’est exprimée sur le sujet auprès du site d’information HuffPost.

Pour elle, la température du cycle reste déterminante. Elle affirme qu’avec les slips et les culottes, un lavage en dessous de 60 °C ne suffit pas à éliminer convenablement les bactéries. Elle recommande donc, autant que possible, de laver les sous-vêtements à 60 °C et de les séparer du reste du linge sensible, comme les torchons de cuisine.

La docteure Lisa Ackerley conseille de ne pas mélanger culottes et slips avec les torchons de cuisine sur un cycle à basse température, pour éviter tout contact avec une éventuelle contamination fécale.

La spécialiste rappelle ainsi un principe de base de l’hygiène domestique : ce qui a pu être en contact avec les selles doit être traité avec davantage de précautions que le reste. À ses yeux, associer dans un même cycle à 30 ou 40 °C sous-vêtements et linge de cuisine n’est pas souhaitable, car des traces de matières fécales peuvent finir sur des textiles utilisés ensuite près des aliments.

Que faire si l’on tient à laver à basse température ?

Lisa Ackerley admet que certains consommateurs tiennent aux lavages tièdes pour préserver leurs tissus ou limiter leur consommation d’électricité. Elle évoque alors une option complémentaire : l’utilisation d’un désinfectant spécifique pour le linge, vendu en grande distribution au Royaume-Uni, qui s’ajoute au cycle habituel.

Ce type de produit vise à compenser partiellement le manque de chaleur par une action chimique contre les micro-organismes. Il se dose en général dans le bac à lessive ou directement dans le tambour, selon les indications figurant sur l’emballage.

Quelles implications pour les foyers en France ?

Les lave-linge et lessives utilisés en France fonctionnent selon les mêmes grands principes que ceux du Royaume-Uni. Les températures de 30, 40 et 60 °C sont courantes, et les préoccupations liées au coût de l’énergie ont aussi poussé beaucoup de ménages à privilégier les cycles courts et peu chauds.

Les recommandations générales émises par les autorités sanitaires françaises vont dans le même sens que celles rappelées par la spécialiste britannique pour certains textiles à risque. Les sous-vêtements, les serviettes et les draps, lorsqu’ils sont supportés par le tissu, sont en règle générale lavés à des températures plus élevées que les vêtements du quotidien.

Type de linge Risque principal évoqué Température souvent préconisée si le tissu le permet
Sous-vêtements Présence de matières fécales et de germes intestinaux Cycle chaud autour de 60 °C
Torchons et lavettes de cuisine Contact avec aliments, plans de travail, vaisselle Cycle chaud autour de 60 °C
Draps et taies d’oreiller Contact prolongé avec la peau et les muqueuses Température élevée lorsque le textile l’autorise

Comme au Royaume-Uni, de nombreux supermarchés français proposent des désinfectants pour le linge ou des lessives contenant des agents antibactériens, pensés pour renforcer l’action du lavage à basse température. Leur utilisation ne remplace pas systématiquement la chaleur, mais peut s’ajouter lorsque le tissu ne supporte pas un cycle plus chaud.

Adopter quelques réflexes simples dans sa buanderie

À partir des éléments rapportés par LADbible et des avis de microbiologistes, certains gestes simples peuvent limiter la propagation de bactéries au moment de la lessive :

  • évaluer si les sous-vêtements, serviettes et torchons supportent un cycle à 60 °C, au moins de temps en temps ;
  • éviter, lorsque c’est possible, de mettre dans la même machine sous-vêtements et textiles utilisés en cuisine ;
  • respecter les doses de lessive recommandées, une quantité insuffisante pouvant réduire l’efficacité du lavage ;
  • aérer régulièrement le tambour du lave-linge après utilisation, pour limiter l’humidité résiduelle propice aux microbes ;
  • prévoir un programme d’entretien du lave-linge (cycle à haute température avec produit adapté) pour limiter les dépôts.

La transmission de bactéries par le linge ne signifie pas que chaque machine constitue un danger immédiat pour la santé. Les experts rappellent toutefois qu’une hygiène insuffisante du linge peut se cumuler avec d’autres négligences (mains mal lavées, torchons surutilisés, plans de travail peu nettoyés) et contribuer à la circulation d’agents pathogènes dans le foyer.

L’enjeu consiste donc à trouver un équilibre entre économies d’énergie, respect des textiles et maîtrise des risques microbiologiques. Les mises en garde relayées par LADbible rappellent que la température choisie au moment de lancer un cycle de lavage ne joue pas seulement sur la douceur des tissus ou sur la facture d’électricité, mais aussi sur la qualité réelle de la propreté obtenue.

Questions fréquentes

Combien de bactéries fécales se trouvent dans un slip ou une culotte ?

Un slip ou une culotte d'adulte contient en moyenne 0,1 gramme de matières fécales, suffisant pour transporter une forte charge de bactéries, notamment 100 millions de bactéries E. coli selon le microbiologiste Charles Gerba.

À quelle température faut-il laver les sous-vêtements ?

La docteure Lisa Ackerley recommande un lavage à 60 °C pour éliminer convenablement les bactéries. En dessous de 40 à 60 °C, le risque de conserver et disséminer les germes augmente significativement.

Puis-je mélanger sous-vêtements et torchons de cuisine dans une même machine ?

Non, il est déconseillé de mélanger les sous-vêtements avec les torchons de cuisine, surtout sur un cycle à basse température, car des traces de matières fécales peuvent contaminer des textiles utilisés près des aliments.

Que faire si je veux laver à basse température pour économiser l'énergie ?

Vous pouvez ajouter un désinfectant spécifique pour le linge vendu en grande distribution, qui compense partiellement le manque de chaleur par une action chimique contre les micro-organismes.

Les recommandations concernant la température valent-elles aussi pour la France ?

Oui, les lave-linge et lessives fonctionnent selon les mêmes principes en France qu'au Royaume-Uni, et les autorités sanitaires françaises émettent des recommandations similaires pour les textiles à risque.

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