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19 chats noyés en six mois dans ses canaux : Amsterdam investit 100 000 euros dans une solution toute simple

19 chats noyés en six mois dans ses canaux : Amsterdam investit 100 000 euros dans une solution toute simple

Face aux noyades à répétition dans ses célèbres canaux, Amsterdam, aux Pays-Bas, mise sur un dispositif discret pour sauver ses chats.

La ville d’Amsterdam, connue pour ses canaux touristiques, se retrouve confrontée à un problème bien moins pittoresque : chaque année, des chats tombent à l’eau et ne parviennent pas à remonter. Selon le site spécialisé PetsRadar, la municipalité a décidé de consacrer jusqu’à 100 000 euros à une solution étonnamment simple pour limiter ces noyades.

Une série de noyades qui alerte les défenseurs des animaux

Aux Pays-Bas, les canaux font partie du paysage urbain, et Amsterdam ne fait pas exception. Derrière les cartes postales, la réalité est plus cruelle pour les animaux domestiques. L’organisation de protection animale Dierenambulance Amsterdam, l’équivalent d’un service d’ambulance pour animaux, a recensé 19 chats noyés dans les canaux de la ville en seulement six mois. Parmi eux, six ont péri en plein centre-ville.

En six mois, 19 chats ont été retrouvés noyés dans les canaux d’Amsterdam, dont six au cœur de la ville.

Ces animaux, tombés dans l’eau depuis les berges ou les jardins proches des canaux, se retrouvent piégés par des murs de quai trop hauts pour pouvoir remonter. Ils s’épuisent, finissent par se noyer et sont parfois repêchés trop tard par les secours animaliers.

Ce chiffre, remonté par Dierenambulance Amsterdam, a déclenché une réaction politique. Au sein du conseil municipal, le Parti pour les animaux (Partij voor de Dieren, PvdD), formation néerlandaise centrée sur la défense du bien-être animal et de l’environnement, a décidé de pousser une mesure très concrète.

Des escaliers en bois le long des canaux : une idée simple mais financée

La conseillère municipale Judith Krom, élue du Parti pour les animaux, a proposé d’utiliser un fonds inutilisé de 100 000 euros prévu dans le plan de biodiversité de la ville. L’idée : installer des petites escaliers ou marches en bois le long des canaux, à des endroits stratégiques, pour offrir une échappatoire aux animaux tombés dans l’eau.

« Une mesure simple peut éviter d’énormes souffrances animales », a souligné Judith Krom, saluant une ville qui « prend ses responsabilités pour protéger la vie des animaux ».

Le 10 juillet, le conseil municipal d’Amsterdam a voté en faveur de cette proposition. La conseillère chargée du bien-être animal, Zita Pels, soutenait déjà cette mesure, mais aucun financement n’avait été trouvé auparavant. Le réaffectation de ce budget de 100 000 euros du plan de biodiversité débloque désormais le projet.

L’initiative repose sur un principe très simple :

  • repérer les zones des canaux où les chats tombent le plus souvent à l’eau ;
  • installer de petites structures en bois, ressemblant à des escaliers ou des rampes, qui descendent dans l’eau ;
  • permettre aux chats (mais aussi à d’autres animaux) d’agripper ces marches pour remonter sur la berge.

Ces aménagements n’ont rien de technologique ni de spectaculaire, mais ils répondent à un problème très concret : l’absence de point de sortie accessible pour un animal paniqué, épuisé et souvent incapable de nager sur une longue distance.

Un travail coordonné avec les services animaliers d’Amsterdam

La ville ne compte pas poser ces escaliers au hasard. Selon PetsRadar, le conseil municipal va travailler directement avec Dierenambulance Amsterdam pour localiser précisément les secteurs les plus dangereux pour les chats et les autres animaux.

Les équipes de la ville et l’ambulance animale vont établir une cartographie des « points noirs » des noyades, afin d’y concentrer les installations.

Les informations accumulées par Dierenambulance Amsterdam — lieux d’intervention, fréquence des noyades, types d’animaux concernés — serviront de base à ce repérage. Les structures devraient être posées dans le courant de l’année.

L’objectif ne se limite pas aux chats domestiques. Tout animal qui tombe dans un canal bordé de hauts quais peut se retrouver coincé : chiens sans laisse, petits mammifères sauvages, voire oiseaux affaiblis. Les marches en bois offriront une chance supplémentaire de s’en sortir.

Amersfoort suit la même voie avec des « pièges à chats »

Amsterdam n’est pas la seule ville néerlandaise à s’attaquer à ce problème. La ville voisine d’Amersfoort a annoncé en juin la construction de 300 « pièges à chats » le long de ses quais et de ses canaux.

Le terme, un peu trompeur en français, désigne en réalité des dispositifs de sortie : il s’agit là encore d’aménagements permettant aux animaux de remonter hors de l’eau lorsqu’ils tombent dans un canal bordé de murs élevés.

« Les animaux qui tombent à l’eau dans des zones avec des quais hauts ou des parois de quai ne peuvent pas en sortir et se noient », a rappelé le conseiller municipal Johnas van Lammeren à Amersfoort.

Il précise que la ville a travaillé « avec l’ambulance animale, un cabinet de recherche et les habitants de Vathorst et d’autres quartiers » pour établir où ces dispositifs sont nécessaires. Résultat : « Nous allons en installer des centaines dans les prochains mois, ce qui évitera une grande quantité de souffrance animale », a-t-il détaillé.

Pourquoi les canaux sont si dangereux pour les chats

Un chat sait nager sur quelques mètres, mais il n’est pas fait pour de longues distances à contre-courant. Dans un canal urbain, plusieurs éléments se combinent :

  • les quais verticaux, parfois glissants, sans marche ni bordure accessible ;
  • le stress de l’animal, qui panique et s’épuise vite ;
  • l’absence d’issue visible : le chat tourne contre la paroi et ne trouve aucun point d’appui ;
  • la température de l’eau, souvent froide, qui accélère l’hypothermie.

Les petites structures en bois ou en métal jouant le rôle d’« échelles de secours » brisent ce cercle. Elles offrent un support rugueux, incliné, sur lequel l’animal peut s’agripper, se hisser et regagner un endroit sec.

Quelles mesures en France pour protéger les animaux de la noyade ?

En France, il n’existe pas de programme national spécifiquement dédié aux chats tombés dans les canaux, mais certaines mesures vont dans le même sens pour la faune sauvage et les animaux domestiques.

Sur certains canaux, rivières canalisées ou ports, des « rampes de fuite » ou grillages inclinés sont déjà installés pour permettre à des canards, ragondins ou hérissons de sortir de l’eau. Ces dispositifs restent toutefois ponctuels et dépendent le plus souvent de décisions locales : communes, intercommunalités, gestionnaires de cours d’eau ou associations de protection de la nature.

Dans les piscines privées, la réglementation française impose des systèmes de sécurité pour éviter les noyades d’enfants, mais pas spécifiquement pour les animaux. Certains propriétaires installent néanmoins :

  • des rampes ou pontons flottants pour permettre aux chiens ou aux chats de remonter ;
  • des filets, bâches ou barrières limitant l’accès au bassin ;
  • des alarmes sonores qui se déclenchent en cas de chute dans l’eau.

Les communes traversées par des canaux ou proches de cours d’eau urbains pourraient s’inspirer du modèle néerlandais, en lien avec les refuges, la SPA ou des associations naturalistes, afin de cartographier les zones à risque et d’y installer des issues de secours pour la faune.

Un aménagement simple qui peut sauver de nombreuses vies animales

L’intérêt de la solution amstellodamoise tient à son rapport coût/efficacité. Les structures en bois restent peu coûteuses à fabriquer et à installer, surtout à l’échelle d’une grande ville. Elles peuvent se fondre discrètement dans le paysage urbain, sans modifier l’esthétique des quais.

Problème Solution mise en place Bénéfice attendu
Chats et autres animaux piégés dans les canaux Escaliers et rampes en bois installés aux points à risque Sortie accessible, réduction des noyades
Murs de quai trop hauts et lisses Points d’appui rugueux au ras de l’eau Meilleure prise pour les pattes des animaux
Manque de données précises sur les zones dangereuses Collaboration avec Dierenambulance et les habitants Installation ciblée, utilisation optimale du budget

Pour les habitants, ces équipements représentent une forme de responsabilité partagée envers les animaux familiers et la faune urbaine. Ils complètent les réflexes individuels, comme surveiller les chats ayant accès à l’extérieur ou sécuriser les abords des jardins situés au bord de l’eau.

Quelques conseils pour les propriétaires de chats vivant près de l’eau

Un chat mordu par la curiosité s’approchera volontiers d’un canal, d’un bassin ou d’une rivière lente. Certaines précautions simples réduisent les risques :

  • éviter de laisser un chat non habitué vagabonder librement à proximité immédiate d’un canal ou d’un quai abrupt ;
  • installer des protections physiques (grillage, barrières basses, bacs à fleurs) le long d’un jardin qui donne directement sur l’eau ;
  • faire identifier le chat et lui mettre un collier avec coordonnées, pour faciliter le contact en cas de chute et de sauvetage ;
  • signaler aux services municipaux ou à une association locale les zones où des animaux sont régulièrement retrouvés dans l’eau.

Les dispositifs créés à Amsterdam illustrent une approche pragmatique : partir d’un constat précis, mobiliser les données d’un acteur de terrain comme Dierenambulance Amsterdam, puis utiliser un budget ciblé pour une réponse concrète. Une démarche dont d’autres villes dotées de canaux ou de rivières urbaines pourraient s’inspirer pour limiter les accidents, sans attendre que les chiffres de noyades augmentent.

Questions fréquentes

Pourquoi les chats se noient-ils dans les canaux d'Amsterdam ?

Les chats tombent dans l'eau depuis les berges ou les jardins proches des canaux, mais se retrouvent piégés par des murs de quai trop hauts pour pouvoir remonter. Paniqués, épuisés et incapables de nager longtemps contre le courant, ils finissent par se noyer faute de point d'appui accessible.

Combien d'argent Amsterdam investit-elle dans cette solution ?

La ville consacre 100 000 euros à ce projet, en réaffectant un fonds inutilisé prévu dans le plan de biodiversité de la municipalité.

Comment les escaliers en bois vont-ils être positionnés dans les canaux ?

Amsterdam va travailler avec Dierenambulance Amsterdam pour cartographier les zones les plus dangereuses, puis installer les structures en bois aux endroits où les chats tombent le plus souvent à l'eau.

Est-ce que d'autres villes néerlandaises font la même chose ?

Oui, Amersfoort a annoncé en juin la construction de 300 « pièges à chats » (dispositifs de sortie) le long de ses quais et canaux pour résoudre le même problème.

La France a-t-elle des mesures similaires ?

Il n'existe pas de programme national français dédié aux chats tombés dans les canaux, mais certaines régions installent des rampes de fuite ou grillages inclinés pour la faune sauvage. Dans les piscines privées, certains propriétaires installent des rampes flottantes ou des filets, mais cela reste non réglementé.

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