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Ce halo coloré autour de l’ombre de l’avion porte un nom : voici comment l’apercevoir depuis votre hublot

Ce halo coloré autour de l'ombre de l'avion porte un nom : voici comment l'apercevoir depuis votre hublot

En vol, certains passagers remarquent autour de l’ombre de l’avion un cercle lumineux multicolore. Ce phénomène, observé notamment en Inde et aux États-Unis, intrigue souvent les voyageurs.

Ce cercle irisé qui ceinture parfois l’ombre de votre avion sur les nuages n’a rien d’une illusion d’optique liée à la vitre du hublot. Il s’agit d’un phénomène atmosphérique bien connu des spécialistes, explique le site scientifique américain EarthSky, photos à l’appui. Avec un peu d’attention, les passagers français peuvent eux aussi l’apercevoir régulièrement en vol.

Un phénomène fréquent : le « glory », ou anti-corona

Les scientifiques appellent ce halo coloré un « glory ». On parle aussi d’« anti-corona » ou d’« arc du pilote ». À la différence de l’arc-en-ciel classique, ce cercle lumineux se dessine autour de l’ombre de l’observateur – ou de l’avion – projetée sur un nuage ou sur une nappe de brouillard.

Un glory, c’est un cercle de lumière aux couleurs de l’arc-en-ciel, centré sur l’ombre de l’avion, visible lorsque le soleil est derrière le passager et qu’un nuage se trouve en contrebas.

Selon EarthSky, ce spectacle est « étonnamment courant » pour peu que les conditions s’y prêtent. Beaucoup de passagers l’ignorent ou ne savent pas où regarder. Pourtant, des images récentes prises au-dessus de l’Inde, de l’Autriche ou des États-Unis montrent à quel point ce cercle irisé accompagne souvent les vols commerciaux, notamment lors des phases d’approche ou de descente parmi les nuages.

Dans un témoignage relayé par EarthSky, un passager indien, Karthik Easvur, raconte avoir photographié ce halo coloré le 7 mai 2019, alors qu’il survolait l’Inde. Il a noté un détail fascinant : le centre du halo sur l’ombre de l’avion correspond à la position du photographe à bord.

Comment se forme ce halo autour de l’avion ?

Pour comprendre ce qui se passe, il faut d’abord parler d’« antisolaire ». C’est le point exactement opposé au soleil dans le ciel. Autrement dit, si le soleil est derrière vous, l’antisolaire se trouve devant, dans l’axe de votre ombre.

Dans le cas d’un vol en plein jour :

  • le soleil doit être bien dégagé, placé derrière l’avion (donc derrière votre tête) ;
  • sous l’avion, un nuage ou un banc de brouillard sert d’« écran » ;
  • l’ombre de l’appareil se projette sur ce nuage ;
  • autour de cette ombre, apparaît un cercle de lumière multicolore : le glory.

Ce cercle n’est pas produit par l’ombre elle-même, rappelle EarthSky. Ombre et halo ont simplement la même origine : la lumière du soleil. Le glory est formé par la diffusion de la lumière sur de minuscules gouttelettes d’eau contenues dans le nuage, qui renvoient une partie des rayons vers l’observateur.

Le glory est un phénomène de diffusion de la lumière solaire par les gouttelettes d’un nuage, beaucoup plus petit qu’un arc-en-ciel classique, et centré très précisément sur le point antisolaire.

Sur une photographie, on distingue généralement un ou plusieurs anneaux colorés, aux teintes douces – rouge, orangé, jaune, vert, bleu – formant une cible lumineuse autour de la silhouette sombre de l’avion. Certaines images partagées par la communauté d’EarthSky montrent même deux cercles concentriques.

Pourquoi le glory n’est-il pas visible partout ?

Lorsque le soleil est haut dans le ciel, le point antisolaire se situe en dessous de l’horizon pour un observateur au sol. C’est pour cela que l’on ne voit pas ce phénomène n’importe où ni n’importe quand.

Pour qu’un glory se forme :

  • Les gouttelettes d’eau doivent se trouver en dessous de l’observateur (avion, sommet, tour).
  • Le soleil doit être dans le dos de l’observateur.
  • L’œil de l’observateur, le soleil et le nuage doivent être quasiment alignés.
  • En avion, ces conditions sont remplies assez fréquemment : soleil derrière l’appareil, couche nuageuse en dessous, altitude suffisante. Sur un sommet ou en haut d’une tour, elles se présentent parfois lorsque le brouillard ou un nuage accroche la montagne ou le bâtiment à flanc de pente.

    Comment l’apercevoir depuis votre hublot

    Pour un passager français qui souhaite vraiment voir un glory, la position dans l’avion et le moment du vol jouent un rôle clé. Ce n’est pas un phénomène rare, mais il faut savoir quand lever les yeux.

    • Choisir le bon côté de l’avion : si le soleil est à l’ouest, privilégiez un siège côté est (et inversement). Le soleil doit être dans votre dos.
    • Observer en phase de descente : l’apparition est plus fréquente quand l’avion traverse ou survole des couches de nuages épaisses, souvent avant l’atterrissage.
    • Regarder vers le bas : il faut orienter le regard vers l’ombre de l’avion sur la couche nuageuse, pas vers l’horizon.
    • Éviter les nuages trop sombres : le halo se distingue mieux sur des nuages blancs ou légèrement grisés, bien éclairés.

    Pour repérer un glory, placez mentalement le soleil dans votre dos, cherchez l’ombre de l’avion sur le nuage, puis concentrez votre regard sur la zone entourant cette ombre.

    EarthSky souligne que le centre du halo est propre à chaque observateur : le glory que vous voyez est centré sur la ligne reliant vos yeux au point antisolaire. Autrement dit, si une autre personne photographait au même moment depuis un autre hublot, son halo serait centré différemment sur l’ombre de l’avion.

    Un spectacle visible aussi en montagne ou depuis une tour

    Avant l’essor du transport aérien, ce phénomène était surtout rapporté par les alpinistes. En montagne, lorsque le soleil se trouve derrière eux et qu’un nuage ou un brouillard occupe le vide à flanc de paroi, ils voient leur propre ombre projetée sur la brume, entourée d’un halo multicolore. Ce cas particulier porte un nom : le spectre de Brocken.

    Ce terme vient d’un sommet allemand, le Brocken, dans le massif du Harz, où ce type d’illusion a été fréquemment observé et décrit. L’ombre de l’alpiniste, souvent agrandie par la perspective, apparaît alors comme une silhouette géante auréolée de lumière. Un spectacle parfois interprété autrefois comme une apparition surnaturelle.

    Le même effet se produit aujourd’hui encore :

    • depuis le sommet de certains cols lorsque le brouillard remplit la vallée ;
    • au bord de falaises maritimes plongeant dans une brume dense ;
    • depuis le haut de grandes tours ou de ponts, lorsque des nappes de nuages bas stagnent en contrebas.

    Dans tous ces cas, les conditions sont identiques à celles d’un vol : soleil dans le dos, couche nuageuse ou brume en dessous, ombre projetée au centre du halo.

    La situation pour les voyageurs en France

    Les passagers au départ ou à destination d’aéroports français ont globalement les mêmes chances d’apercevoir un glory que ceux d’autres pays. Les vols traversant régulièrement des couches nuageuses épaisses – Méditerranée en hiver, Atlantique nord, Alpes, Massif central – offrent même de nombreuses occasions.

    En France, plusieurs passionnés de météo et de photographie partagent déjà des images de glories pris en vol ou en montagne. Les conditions propices sont fréquentes :

    • air humide et nuages bas au-dessus de l’océan ou des plaines ;
    • brouillards matinaux dans les vallées alpines, pyrénéennes ou du Massif central ;
    • couches nuageuses traversées quotidiennement par les lignes intérieures et européennes.

    Pour un lecteur français, l’équivalent institutionnel n’existe pas vraiment : le glory n’est pas un phénomène réglementé ou encadré par un organisme spécifique. Il est simplement étudié dans le cadre de la météorologie de l’atmosphère et de l’optique, au même titre que les halos autour du soleil ou de la lune, ou que les arcs-en-ciel.

    Arc-en-ciel, halo, glory : ne pas confondre

    Phénomène Où il apparaît Support Position du soleil
    Arc-en-ciel Devant l’observateur, au loin Gouttes de pluie Derrière l’observateur
    Halo solaire ou lunaire Autour du soleil ou de la lune Cristaux de glace en altitude Droit devant l’observateur
    Glory Autour de l’ombre de l’observateur ou de l’avion Gouttelettes de nuages ou de brouillard Derrière l’observateur

    Cette distinction aide à comprendre pourquoi le glory semble plus discret : il est plus petit qu’un arc-en-ciel et nécessite un alignement très précis entre l’œil, le soleil et le nuage.

    Un phénomène photogénique… et instructif

    Pour les amateurs de photo, le glory est un sujet idéal. En avion, un simple smartphone suffit généralement à immortaliser le halo, surtout si la couche de nuages est bien blanche et compacte. Il convient de coller l’objectif au hublot pour limiter les reflets internes.

    Ce spectacle fournit aussi une façon très concrète de visualiser la direction de la lumière. En sachant que le centre du halo matérialise la ligne reliant vos yeux au point antisolaire, il devient possible d’estimer la position du photographe à bord, comme l’a souligné Karthik Easvur dans son témoignage au site EarthSky.

    Pour un passager curieux, guetter ce cercle irisé au cours des vols ajoute un intérêt supplémentaire au trajet. Le moindre banc de nuages devient une sorte d’écran naturel sur lequel la lumière du soleil dessine, en temps réel, la signature discrète mais bien réelle de la géométrie de l’atmosphère.

    Questions fréquentes

    Qu'est-ce qui cause le halo coloré autour de l'ombre de l'avion ?

    Le glory est formé par la diffusion de la lumière solaire sur les minuscules gouttelettes d'eau contenues dans le nuage, qui renvoient une partie des rayons vers l'observateur. Ce n'est pas l'ombre elle-même qui produit le cercle, mais la lumière du soleil diffusée par ces gouttelettes.

    Pourquoi n'on ne voit pas ce phénomène n'importe où et n'importe quand ?

    Pour qu'un glory se forme, il faut que les gouttelettes d'eau soient en dessous de l'observateur, que le soleil soit dans son dos, et que l'œil, le soleil et le nuage soient quasiment alignés. Lorsque le soleil est haut dans le ciel, le point antisolaire se situe sous l'horizon, ce qui rend le phénomène invisible.

    Le glory que je vois est-il identique à celui vu par un autre passager au même moment ?

    Non, le centre du halo est propre à chaque observateur car il est centré sur la ligne reliant vos yeux au point antisolaire. Un autre passager au même moment depuis un autre hublot verrait le halo centré différemment sur l'ombre de l'avion.

    Comment le glory se forme-t-il en montagne ?

    En montagne, lorsque le soleil est derrière l'alpiniste et qu'un nuage ou un brouillard occupe le vide à flanc de paroi, son ombre projetée sur la brume est entourée d'un halo multicolore. Ce cas particulier s'appelle le spectre de Brocken, du nom d'un sommet allemand où il a été fréquemment observé.

    Les passagers français ont-ils la même chance d'apercevoir un glory ?

    Oui, les passagers au départ ou à destination d'aéroports français ont globalement les mêmes chances que ceux d'autres pays. Les vols traversant les couches nuageuses épaisses au-dessus de la Méditerranée en hiver, l'Atlantique nord, les Alpes et le Massif central offrent même de nombreuses occasions.

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