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Un expert l’affirme : la plupart des psychopathes se reconnaissent à ces trois traits de personnalité souvent ignorés

Un expert l'affirme : la plupart des psychopathes se reconnaissent à ces trois traits de personnalité souvent ignorés

Une psychologue américaine détaille, dans une vidéo devenue virale, trois signes de personnalité discrets mais fréquents chez les psychopathes.

Invitée par la chaîne YouTube de vulgarisation Big Think, la psychologue américaine Abigail Marsh, professeure de psychologie à l’université de Georgetown aux États‑Unis, décrit trois traits de caractère qui reviennent très souvent chez les psychopathes, mais passent inaperçus au quotidien, rapporte le média anglo-saxon. Son objectif : donner au grand public quelques repères pour repérer ces profils, sans pour autant coller une étiquette à n’importe qui.

Qui est l’experte et dans quel contexte elle s’exprime

Abigail Marsh est spécialiste du comportement humain et des différences de personnalité. Aux États‑Unis, elle enseigne la psychologie à Georgetown University, institution privée réputée, et s’intéresse notamment aux extrêmes du spectre : des personnes très altruistes aux personnalités psychopathiques.

Dans une vidéo diffusée sur la chaîne YouTube Big Think, elle explique qu’elle observe, chez de nombreuses personnes présentant une psychopathie avérée, une combinaison récurrente de comportements. Elle insiste sur le fait que ces indices peuvent aider à mieux comprendre certaines dynamiques de domination ou de manipulation.

Ces trois traits ne suffisent pas à diagnostiquer une psychopathie, mais ils reviennent très souvent chez les personnes réellement concernées, selon la psychologue américaine.

Abigail Marsh précise d’emblée qu’il ne s’agit pas de transformer chacun en apprenti psychiatre, mais d’offrir des repères : « Il y a certaines choses que je recherche qui me suggèrent que la personne est vraiment psychopathique et qui, je pense, pourraient être utiles à connaître », explique-t-elle dans la vidéo, traduite de l’anglais.

Premier trait : une antisocialité qui se retrouve dans toutes les sphères de vie

Le premier signe évoqué par la professeure : une attitude antisociale, mais pas au sens courant du terme. Il ne s’agit pas simplement de timidité, de réserve ou d’introversion.

Pour Abigail Marsh, un signal d’alerte fort est une tendance à transgresser les règles et à nuire aux autres dans plusieurs domaines de la vie, et pas seulement dans un contexte isolé.

Antisocial ne veut pas dire introverti

La psychologue rappelle que beaucoup de personnes peu à l’aise en groupe ou préférant la solitude ne sont en aucun cas psychopathes. Être introverti n’a rien à voir avec le fait de mépriser les règles ou les droits d’autrui.

Ce qu’elle observe chez les psychopathes, c’est plutôt une antisocialité au sens clinique : une tendance à enfreindre les normes, manipuler, tromper ou exploiter les autres, sans culpabilité notable.

Un schéma qui se répète dans plusieurs contextes

Abigail Marsh donne quelques exemples concrets, tirés des profils qu’elle a étudiés :

  • infidélité répétée dans leurs relations amoureuses ;
  • tromperies ou manquements éthiques dans le cadre professionnel ;
  • tricherie à l’école ou dans des compétitions sportives ;
  • mensonges systématiques pour obtenir un avantage.

« Le premier [signe], c’est qu’ils ont tendance à être antisociaux dans toute une série de domaines », explique-t-elle. « Ils ont trompé leurs partenaires romantiques, ils ont triché dans un cadre professionnel, ou peut‑être à l’école, ou dans un contexte sportif. Ce n’est pas seulement une chose ou un seul domaine. »

Autrement dit, ce n’est pas un dérapage isolé, mais un mode de fonctionnement général qui se répète dès qu’une occasion se présente.

Deuxième trait : la conviction d’être supérieur aux autres

Le deuxième signal relevé par la psychologue tient à la manière dont ces personnes se perçoivent par rapport aux autres. Beaucoup de psychopathes se sentent au‑dessus du lot et le laissent transparaître dans leurs paroles comme dans leurs actes.

Jamais en tort, toujours au‑dessus

La professeure explique que ces individus affichent une supériorité marquée : ils considèrent que les problèmes viennent systématiquement des autres.

Abigail Marsh décrit des personnes persuadées que les autres sont « bêtes, ignorants, facilement dupes » et qu’elles-mêmes échappent à ces défauts.

Dans la vidéo, elle résume ce trait ainsi : « Ils ont tendance à montrer des signes qu’ils sont meilleurs que les autres, ils ont tendance à croire que les problèmes dans le monde sont toujours la faute des autres. Les autres sont bêtes, les autres sont ignorants, les autres se laissent facilement duper. »

Concrètement, cette vision peut se manifester par :

  • l’absence totale de remise en question, même face à l’évidence ;
  • un discours où les collègues, la famille ou la société sont systématiquement tenus pour responsables de tout ;
  • une tendance à ridiculiser ou rabaisser les autres, présentés comme trop naïfs ou trop émotifs.

Cette impression de supériorité nourrit aussi leur capacité à manipuler : puisqu’ils se croient plus intelligents, ils estiment normal d’exploiter les faiblesses supposées des autres.

Troisième trait : croire que tout le monde est fondamentalement comme eux

Le dernier signe mis en avant par Abigail Marsh concerne la manière dont ces personnes jugent la nature humaine. Selon elle, de nombreux psychopathes projettent leurs propres motivations sur le reste du monde.

Une vision très sombre de l’être humain

La psychologue explique que ces individus sont convaincus que chacun est, au fond, aussi égoïste qu’eux. Ils n’imaginent pas que certains puissent agir par solidarité, par empathie ou par sens moral.

« Enfin, [ils ont tendance à] croire que tout le monde est comme eux, au fond », précise-t-elle. Elle complète : « Si quelqu’un semble croire que tout le monde est en réalité fondamentalement égoïste, qu’il pense que c’est vrai en général – en réalité, ce qu’il est en train de vous dire, c’est ce qu’il est lui-même. »

Pour l’experte, affirmer que « tout le monde est égoïste » ou que « personne ne fait jamais rien gratuitement » en dit parfois plus sur la personnalité de celui qui parle que sur la réalité du monde.

Cette croyance les conforte dans leurs comportements : puisqu’ils imaginent que chacun triche ou manipule en secret, ils ne ressentent ni culpabilité ni honte à faire de même, et encore moins à prendre l’ascendant sur les autres.

Ce que ces trois traits ne disent pas

Abigail Marsh rappelle que ces trois caractéristiques ne suffisent pas, à elles seules, à établir un diagnostic. La psychopathie est un trouble de la personnalité complexe, évalué par des spécialistes à partir d’entretiens approfondis et d’outils cliniques spécifiques.

Beaucoup de personnes peuvent, par exemple, avoir une haute estime d’elles-mêmes sans être psychopathes. D’autres peuvent adopter un comportement trompeur dans une période précise de leur vie, sans que cela reflète un fonctionnement permanent.

Trait évoqué par Marsh Ce que cela peut vouloir dire Ce que cela ne veut pas dire
Antisocialité dans plusieurs domaines Tendance répétée à transgresser les règles et tromper les autres Timidité, introversion ou besoin de solitude
Sentiment de supériorité Conviction d’être meilleur, mépris affiché pour les autres Confiance en soi ou ambition assumée
Croyance que tout le monde est égoïste Projection de sa propre absence d’empathie sur l’humanité entière Lucidité sur le fait que certains comportements peuvent être intéressés

La spécialiste invite donc à considérer ces indices comme des signaux possibles, à replacer dans un contexte plus large, et non comme une grille pour juger ses proches au quotidien.

Psychopathes et santé mentale : de quoi parle-t-on en France ?

En France, le terme « psychopathe » est très utilisé dans le langage courant, souvent à tort pour désigner une personne violente, toxique ou simplement difficile à vivre. Dans le champ médical, les psychiatres et psychologues parlent plutôt de « trouble de la personnalité antisociale » ou de traits de personnalité psychopathique.

Le diagnostic relève de professionnels de santé mentale, généralement en milieu hospitalier ou en consultation spécialisée. Le suivi peut associer psychothérapie et, selon les cas, prise en charge médico-sociale. Les services hospitaliers de psychiatrie, les centres médico-psychologiques ou les cabinets libéraux constituent les principaux lieux de prise en charge.

Les spécialistes français insistent, comme Abigail Marsh, sur un point : on ne parle pas de psychopathie à partir d’un seul comportement choquant, mais d’un ensemble stable de traits, présents depuis l’adolescence ou le début de l’âge adulte, et qui entraînent une souffrance ou des dommages répétés pour l’entourage.

Comment réagir face à un comportement potentiellement toxique

Dans sa vidéo publiée par Big Think, l’experte américaine n’appelle pas à diagnostiquer soi‑même son entourage. Elle suggère plutôt d’utiliser ces repères pour mieux comprendre certaines situations relationnelles et, au besoin, prendre de la distance.

Repérer une combinaison d’antisocialité répétée, de mépris des autres et de vision cynique généralisée peut aider à poser des limites claires, voire à se protéger.

Concrètement, lorsqu’une personne :

  • multiplie les tromperies dans différents domaines de sa vie ;
  • ne reconnaît jamais ses torts et rejette toujours la faute sur autrui ;
  • affirme régulièrement que « les gens sont tous pareils » et uniquement intéressés ;

il peut être utile de rester attentif, de ne pas dévoiler d’informations trop personnelles et, en cas de malaise persistant, d’en parler à un professionnel (médecin généraliste, psychologue, psychiatre) pour bénéficier d’un regard extérieur.

Pourquoi ces trois traits se renforcent les uns les autres

Les trois indices décrits par Abigail Marsh forment un ensemble cohérent. L’antisocialité répétée montre une indifférence aux règles et aux conséquences pour autrui. Le sentiment de supériorité vient justifier, dans l’esprit de la personne, ces comportements : puisqu’elle se croit au‑dessus, elle s’autorise ce que les autres ne s’autorisent pas.

La croyance que tout le monde est fondamentalement égoïste achève de lever les derniers freins : si chacun agit pour son propre intérêt, alors exploiter les autres paraît presque « normal ». Cette mécanique rend le changement difficile, car elle laisse peu de place à la remise en question.

Pour un lecteur français, l’apport de la vidéo relayée par Big Think réside dans ces repères simples, issus de l’expérience d’une spécialiste américaine du comportement, qui permettent de mieux comprendre certains profils très déstabilisants rencontrés au travail, dans la sphère intime ou dans la vie sociale.

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