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À 75 ans, il demande le divorce à sa femme après être tombé amoureux en ligne : la jeune femme n’existe pas, elle est générée par une IA

À 75 ans, il demande le divorce à sa femme après être tombé amoureux en ligne : la jeune femme n'existe pas, elle est générée par une IA

En Chine, un retraité de 75 ans, fasciné par une jeune femme rencontrée sur les réseaux, a failli tout quitter pour elle.

En Chine, un septuagénaire a demandé le divorce après être tombé fou amoureux d’une prétendue jeune femme rencontrée en ligne, qui s’est finalement révélée être un simple avatar généré par une intelligence artificielle. Cette affaire, rapportée par le média chinois Beijing Daily et relayée par un site d’actualités insolites, illustre les nouveaux risques auxquels sont exposées les personnes âgées face aux contenus numériques trompeurs.

Un retraité qui confond avatar virtuel et véritable rencontre

L’affaire se déroule en Chine et concerne un homme de 75 ans, identifié sous le nom de Jiang par le Beijing Daily. En surfant sur un réseau social, il tombe sur le profil d’une jeune femme. Sur les images, elle apparaît souriante, charmante, disponible pour discuter. Pour un internaute averti, les signes trahissant une création numérique sont visibles. Pour Jiang, peu familier des outils numériques, c’est une rencontre bouleversante.

La « jeune femme » est en réalité un avatar féminin généré par une intelligence artificielle. Son visage, sa voix et ses mouvements ont été produits par un logiciel. Même la désynchronisation entre le mouvement des lèvres et les paroles n’alerte pas le septuagénaire. Il y voit seulement une interlocutrice moderne, joignable en permanence.

Jiang passe ses journées à attendre les messages génériques de cette prétendue compagne virtuelle, persuadé d’entretenir une véritable relation amoureuse.

Peu à peu, cette correspondance artificielle occupe tout son temps. Le retraité consulte son téléphone sans cesse, délaisse sa vie quotidienne et s’isole émotionnellement de son entourage. Le lien avec sa femme, avec laquelle il partage sa vie depuis des décennies, se distend dangereusement.

Une obsession qui le pousse à demander le divorce

Selon le récit rapporté par le Beijing Daily, la situation bascule quand l’épouse de Jiang finit par lui reprocher le temps passé sur son téléphone. Excédée de le voir constamment absorbé par ses échanges numériques, elle le réprimande. Pour le septuagénaire, c’est le choc : il se sent incompris et s’enferme davantage dans sa relation virtuelle.

Au point de franchir une limite symbolique très forte. Convaincu d’avoir trouvé un nouvel amour, Jiang annonce à sa femme qu’il veut divorcer. Son objectif : se « consacrer entièrement » à cette jeune femme virtuelle qu’il croit réelle et avec laquelle il rêve de construire une nouvelle vie affective.

Après plusieurs décennies de mariage, le retraité affirme vouloir rompre pour vivre une histoire d’amour avec un personnage qui n’existe pas en dehors d’un logiciel.

C’est finalement leur entourage qui met un frein à ce projet insensé. Alertés par la tension dans le couple et le comportement de leur père, les enfants du couple interviennent. Ils enquêtent, se renseignent sur le profil mystérieux qui accapare leur père, puis lui expliquent en détail le fonctionnement de ces avatars générés par IA.

Face aux preuves, Jiang finit par comprendre qu’il a été dupé. La « jeune femme » n’est qu’un assemblage de vidéos, de textes pré-écrits et de réponses générées automatiquement. Cette prise de conscience le ramène à la réalité, mais laisse apparaître une grande fragilité émotionnelle.

Les personnes âgées, cibles privilégiées des contenus générés par IA en Chine

Le Beijing Daily souligne que le cas de Jiang est loin d’être isolé en Chine. Le pays connaît une vague de contenus générés par IA, de plus en plus réalistes, qui vise en particulier les personnes âgées, souvent isolées ou à mobilité réduite.

Sur les plateformes en ligne, une multitude de personnages virtuels est proposée :

  • des « experts » en costume, censés donner des conseils sérieux ou financiers ;
  • des présentateurs et présentatrices de journal télévisé d’apparence très réaliste ;
  • des étudiantes « mignonnes » ou des jeunes femmes bavardes, conçues pour instaurer une proximité affective.

Ces avatars ne sont pas créés au hasard. Ils répondent à différents besoins émotionnels : sentiment de compagnie, admiration pour une figure d’autorité, impression d’être écouté par une personne plus jeune. Pour des retraités isolés, ces personnages deviennent parfois un repère quotidien.

La plupart de ces personnages virtuels ont pour objectif d’inciter à la consommation, de diffuser des messages, voire de créer une dépendance émotionnelle chez l’utilisateur.

Selon le média chinois, nombre de seniors achètent sans discuter les produits promus par ces avatars. Les personnages virtuels servent aussi à relayer certaines informations ou slogans, avec un ton chaleureux qui inspire confiance. L’utilisateur a l’impression de recevoir un conseil personnalisé, alors qu’il s’agit d’un script automatisé.

Une alerte lancée aux familles : surveiller l’activité en ligne des seniors

Des experts cités par la presse chinoise appellent les familles à une vigilance accrue. L’usage massif des smartphones, tablettes et applications par les personnes âgées ouvre la porte à ces manipulations discrètes.

Leur recommandation est claire : lorsque des parents âgés passent beaucoup de temps sur leurs appareils, les proches devraient prêter attention à ce qu’ils regardent, à qui ils parlent et à la fréquence de ces échanges. L’objectif n’est pas de les priver d’outils numériques, mais de repérer au plus tôt une éventuelle emprise.

Ces spécialistes rappellent que les technologies d’IA peuvent rendre de grands services : assistance au quotidien, traduction, aide administrative, loisirs. Mais elles deviennent un danger pour des publics vulnérables quand elles sont utilisées pour créer de fausses relations ou pousser à l’achat.

Les mêmes outils qui simplifient la vie peuvent devenir un piège émotionnel lorsqu’ils simulent une intimité ou une présence humaine auprès de personnes isolées.

Quelles leçons pour la France face à ces nouveaux risques numériques ?

En France, les avatars générés par IA se multiplient aussi, que ce soit dans la publicité, les réseaux sociaux, certains services de messagerie ou des applications de « compagnons virtuels ». Le phénomène reste moins encadré que d’autres domaines du numérique, même si le débat public progresse.

Pour un lecteur français, plusieurs points de vigilance se dégagent :

  • les personnes âgées se connectent souvent sans maîtriser les codes des réseaux sociaux ;
  • elles ont tendance à accorder une grande confiance à ce qui est présenté avec un ton sérieux ou chaleureux ;
  • elles peuvent confondre une vidéo ou un avatar automatisé avec une vraie personne qui s’adresse uniquement à elles.

En France, la lutte contre les arnaques en ligne ou les pratiques commerciales trompeuses implique plusieurs acteurs : services de police spécialisés dans la cybercriminalité, associations de consommateurs, structures d’aide aux seniors. Les campagnes de sensibilisation insistent déjà sur les escroqueries financières, les faux conseillers bancaires ou les mails frauduleux.

Les avatars d’IA ajoutent une couche supplémentaire de complexité. Ils ne se contentent pas de promettre un gain ou un produit miracle. Ils peuvent simuler une relation amicale, affective ou amoureuse, comme dans le cas raconté en Chine. La frontière entre arnaque et manipulation émotionnelle devient plus floue.

Informer les aînés et instaurer des réflexes de prudence

Pour réduire ces risques, quelques réflexes simples peuvent être encouragés au sein des familles :

  • Parler régulièrement avec les parents ou grands-parents de leurs usages numériques et des personnes avec lesquelles ils pensent échanger.
  • Expliquer que certains « interlocuteurs » ne sont pas humains, même s’ils parlent, sourient et semblent répondre en direct.
  • Rappeler qu’il ne faut jamais envoyer d’argent, de coordonnées bancaires ou de documents personnels à quelqu’un connu uniquement en ligne.
  • Inviter un proche à demander l’avis d’un membre de la famille avant un achat conseillé par une personne rencontrée sur internet.
  • Ces discussions, parfois délicates, peuvent éviter qu’un senior bascule dans une relation virtuelle envahissante ou se laisse entraîner dans des dépenses répétées, convaincu d’agir pour faire plaisir à un « ami » ou à une « compagne » en ligne.

    Ce que change l’IA générative dans les relations virtuelles

    Le cas de Jiang illustre un tournant : les contenus générés par IA ne se limitent plus à des textes ou des images. Ils imitent désormais des comportements humains, des expressions du visage, une manière de parler. Pour un public peu familier de ces technologies, la frontière entre réel et virtuel se brouille.

    Concrètement, une intelligence artificielle peut aujourd’hui :

    • créer un visage humain entièrement synthétique, mais crédible à l’écran ;
    • générer une voix, avec un ton, un rythme, des hésitations similaires à celles d’un vrai interlocuteur ;
    • produire des messages adaptés au contexte, donnant l’illusion d’une conversation personnelle.

    Un avatar peut alors apparaître comme une présence bienveillante pour une personne seule. Lui dire bonjour chaque matin, poser des questions sur sa journée, envoyer des compliments. Pour quelqu’un qui manque de contacts humains, ce type d’interaction peut prendre une importance démesurée.

    Le risque majeur réside dans cette « illusion de relation ». Derrière l’écran, il n’y a ni sentiments, ni attachement, ni responsabilité. Seulement un programme conçu pour retenir l’utilisateur le plus longtemps possible, orienter ses choix ou susciter des dépenses. Quand l’usager ne perçoit pas cette mécanique, il peut en arriver, comme Jiang, à réorganiser toute sa vie autour de cet échange numérique, au détriment de ses liens réels.

    Pour un public francophone, cette histoire venue de Chine sert d’alerte : l’essor de l’IA ne crée pas seulement des outils pratiques, il génère aussi de nouveaux scénarios de vulnérabilité, particulièrement puissants quand ils s’attaquent au besoin de compagnie et d’affection des personnes les plus isolées.

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