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Saignement de nez : pencher la tête en arrière est une erreur, voici le bon geste selon les médecins

Geste médical montrant la compression correcte de la partie molle du nez avec le pouce et l'index pour arrêter un saignement

En cas de saignement de nez, un simple réflexe peut aggraver la situation. Aux États-Unis, des médecins rappellent le bon geste.

Dans un article de vulgarisation médicale publié par le média scientifique américain Popular Science, des spécialistes expliquent pourquoi le fameux réflexe de pencher la tête en arrière lors d’un saignement de nez est une mauvaise idée, et détaillent la méthode aujourd’hui recommandée par les organismes de premiers secours, comme la Croix-Rouge américaine.

Pourquoi le nez saigne-t-il aussi facilement ?

La muqueuse nasale est très richement vascularisée. Cinq artères de la tête aboutissent au niveau de la cloison nasale, la paroi qui sépare les deux narines. Elles forment un réseau appelé plexus de Kiesselbach.

Ce « carrefour » vasculaire, chargé de réchauffer l’air inspiré, est très proche de la surface, ce qui le rend particulièrement fragile et exposé aux saignements.

Un simple coup sur le nez, des mouchages répétés, un air trop sec, des allergies ou une muqueuse fragilisée peuvent suffire à rompre l’un de ces petits vaisseaux et provoquer une épistaxis, le terme médical pour « saignement de nez ».

Selon les explications relayées par Popular Science, plus de 90 % des saignements partent de cette zone située à l’avant du nez. Ils sont alors visibles par les narines. Plus rarement, le saignement est situé plus en arrière, au fond des fosses nasales : le sang a alors tendance à couler vers la gorge plutôt que vers l’extérieur.

Le réflexe de pencher la tête en arrière : une fausse bonne idée

Longtemps, dans les gestes de premiers secours enseignés au grand public, pencher la tête en arrière a été présenté comme un réflexe utile. Les recommandations ont évolué au fil du temps, ce qui explique que ce geste reste encore largement pratiqué, aux États-Unis comme en France.

Les standards actuels rappelés par la Croix-Rouge américaine et les cliniciens interrogés par Popular Science sont clairs : pencher la tête en arrière est une erreur.

Pencher la tête vers l’arrière déplace le problème : le sang ne s’écoule plus par le nez, mais part vers la gorge, loin de la zone à réparer, avec un risque d’étouffement.

Lorsque la tête est basculée en arrière, le sang s’éloigne du point de rupture du vaisseau. Le caillot, indispensable pour colmater la brèche, se forme alors plus difficilement. Une partie du sang peut aussi couler dans l’œsophage, ce qui expose à un risque de fausse route, de toux, voire de gêne respiratoire. Une fois arrivé dans l’estomac, le sang peut entraîner nausées ou vomissements.

Le bon geste en cas de saignement de nez, selon les médecins

La position à adopter immédiatement

Les recommandations décrites dans l’article américain rejoignent celles diffusées par les organismes de premiers secours :

  • S’asseoir, rester calme, éviter de s’allonger.
  • Garder la tête en position neutre, légèrement penchée vers l’avant, afin de laisser le sang s’écouler vers l’extérieur plutôt que dans la gorge.
  • Respirer par la bouche pendant toute la durée du geste.

L’objectif est de limiter le flux sanguin, tout en permettant au corps de déclencher la coagulation au niveau précis où le petit vaisseau s’est rompu.

Comment comprimer correctement le nez

Les médecins cités par Popular Science insistent sur la manière de pincer le nez. Contrairement à une idée répandue, il ne s’agit pas seulement de toucher le haut du nez avec deux doigts, mais de bien comprimer la partie souple.

  • Placer le pouce et l’index sur la partie molle du nez, juste sous l’os, au-dessus des ailes du nez.
  • Pincer fermement les deux côtés pour comprimer la cloison nasale.
  • Maintenir cette pression sans relâcher pendant 10 à 15 minutes.
  • En comprimant la partie souple du nez, on agit directement sur la zone du plexus de Kiesselbach, là où surviennent la grande majorité des saignements.

    Relâcher trop tôt la pression pour « vérifier si ça a cessé » est l’un des pièges fréquents. Le caillot en formation se décroche, et le saignement reprend. Les secours américains recommandent d’attendre vraiment 10 à 15 minutes avant de rouvrir doucement les doigts.

    L’intérêt potentiel de la glace

    L’article évoque aussi une méthode complémentaire, étudiée par certains chercheurs : l’application de froid sur le nez.

    Poser une poche de glace enveloppée dans un linge sur l’arête nasale peut aider à resserrer les vaisseaux, ce qui contribue à réduire le débit de sang et à favoriser la coagulation. Ce geste ne remplace pas la compression avec les doigts mais peut l’accompagner, à condition de ne jamais appliquer de glace directement sur la peau pour éviter les brûlures par le froid.

    Quand un saignement de nez devient-il inquiétant ?

    Dans la plupart des cas, une épistaxis est bénigne et isolée. Elle peut toutefois se répéter chez certaines personnes, notamment en cas de :

    • déviation de la cloison nasale, qui fragilise un côté du nez ;
    • anomalies des vaisseaux, comme de petites malformations vasculaires ;
    • prise de traitements fluidifiants du sang ;
    • exposition prolongée à un air très sec ou climatisé ;
    • rhinites allergiques ou infections répétées.

    Les professionnels de santé américains interrogés rappellent que certaines formes de saignements, plus postérieurs, coulent surtout vers la gorge et sont moins spectaculaires à l’extérieur. Ils peuvent nécessiter un avis médical rapide, voire une prise en charge spécialisée en service d’oto-rhino-laryngologie.

    Que faire en France en cas de saignement de nez ?

    En France, les gestes de premiers secours enseignés par la Croix-Rouge française et les sapeurs-pompiers vont dans le même sens que ceux décrits par Popular Science aux États-Unis : position assise, tête légèrement penchée en avant, compression de la partie molle du nez pendant une dizaine de minutes.

    En cas de doute, un médecin généraliste, un pédiatre pour un enfant ou un oto-rhino-laryngologiste peuvent être consultés. Les services d’urgence, les centres du Service d’aide médicale urgente (SAMU – numéro 15) ou les pompiers (18 ou 112) peuvent être contactés lorsque :

    • le saignement ne s’arrête pas après deux séquences d’environ 10 à 15 minutes de compression ;
    • la personne se sent très faible, a des vertiges ou présente des difficultés respiratoires ;
    • le saignement survient après un traumatisme important du visage ou du crâne ;
    • du sang coule de la bouche ou semble provenir du fond de la gorge sans s’arrêter.

    Les recommandations françaises déconseillent également de pencher la tête en arrière, pour les mêmes raisons que celles exposées par les médecins américains : risque d’ingestion de sang, faux route, retard de coagulation au niveau de la lésion.

    Prévenir les saignements de nez au quotidien

    L’article de Popular Science conclut avec une note humoristique en conseillant d’éviter l’air trop sec… et les activités surnaturelles, référence à la série américaine Stranger Things et à son héroïne au nez qui saigne dès qu’elle utilise ses pouvoirs.

    Au-delà du clin d’œil, quelques mesures simples limitent le risque de saignements répétés :

    • Humidifier l’air des pièces chauffées, en particulier l’hiver.
    • Éviter de se moucher trop violemment ou de se gratter l’intérieur du nez.
    • Protéger le nez lors de certains sports à risque de choc (casque, masque, protections).
    • Demander conseil à un médecin en cas de traitements fluidifiants ou d’anticoagulants.

    Les sprays ou pommades nasales hydratantes peuvent être proposés par un professionnel de santé pour protéger la muqueuse en cas de sécheresse importante. Une prise en charge d’une déviation de cloison ou d’une pathologie des vaisseaux peut aussi être discutée en consultation spécialisée, lorsque les épistaxis sont fréquentes et gênantes.

    Un réflexe simple qui change vraiment la prise en charge

    Le cœur du message relayé par les médecins américains est finalement très concret : dans la grande majorité des cas, le bon geste ne nécessite ni matériel, ni médicament, seulement une bonne technique de compression et une position adaptée de la tête.

    Tête légèrement penchée vers l’avant, nez pincé sur la partie souple pendant au moins 10 minutes sans relâcher : ce trio reste le geste de référence, en France comme aux États-Unis.

    Adopter ce réflexe et oublier celui de pencher la tête en arrière limite non seulement les risques de fausse route, mais augmente aussi les chances que le saignement s’arrête spontanément, sans recours aux urgences.

    Questions fréquentes

    Pourquoi ne faut-il pas pencher la tête en arrière en cas de saignement de nez ?

    Pencher la tête en arrière déplace le sang vers la gorge au lieu de le laisser s'écouler par le nez, ce qui éloigne le caillot de la zone à réparer et retarde la coagulation. Cela expose aussi à un risque d'ingestion de sang, de fausse route, de toux ou de vomissements.

    Combien de temps faut-il maintenir la compression du nez ?

    Il faut maintenir une pression ferme pendant 10 à 15 minutes sans relâcher, car arrêter trop tôt pour vérifier si le saignement a cessé risque de décrocher le caillot en formation et de faire reprendre le saignement.

    Quelle partie du nez faut-il comprimer exactement ?

    Il faut comprimer la partie molle du nez, juste sous l'os, au-dessus des ailes du nez, avec le pouce et l'index. C'est cette zone qui agit directement sur le plexus de Kiesselbach, où surviennent la plupart des saignements.

    Quand faut-il consulter un médecin ou appeler les secours ?

    Il faut contacter les services d'urgence (SAMU, pompiers) si le saignement ne s'arrête pas après deux séquences de compression, si la personne se sent très faible ou a des difficultés respiratoires, ou si le saignement suit un traumatisme important du visage ou du crâne.

    L'application de glace peut-elle aider à arrêter un saignement de nez ?

    Oui, poser une poche de glace enveloppée dans un linge sur l'arête nasale peut aider à resserrer les vaisseaux et favoriser la coagulation, mais ce geste doit accompagner la compression des doigts, jamais la remplacer, et la glace ne doit jamais toucher directement la peau.

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