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Un cardiologue alerte sur le café : les bénéfices peuvent être annulés jusqu’à 95 % à cause d’un seul ingrédient ajouté

Un cardiologue alerte sur le café : les bénéfices peuvent être annulés jusqu'à 95 % à cause d'un seul ingrédient ajouté

Un cardiologue espagnol très suivi sur les réseaux met en garde : selon la façon dont on le prépare, le café n’a pas toujours le même intérêt pour le cœur.

Dans un article du journal en ligne espagnol El Español, le cardiologue et vulgarisateur José Abellán détaille comment le mode de préparation du café, et surtout ce qu’on y ajoute, peut modifier ses effets sur la santé cardiovasculaire. Ses explications, fondées sur des études récentes, intéressent directement les millions de buveurs de café en Espagne comme en France.

Le café, bien plus qu’un simple coup de fouet à la caféine

José Abellán rappelle d’abord que le café ne se résume pas à la caféine. Il souligne dans ses vidéos et publications que la boisson apporte aussi des antioxydants et des composés phénoliques, présents naturellement dans le grain torréfié.

Ces substances expliquent pourquoi de grandes études de population retrouvent souvent une association entre consommation modérée de café et moindre mortalité globale et cardiovasculaire. Autrement dit, les personnes qui boivent régulièrement du café ont, en moyenne, moins de maladies cardiaques et vivent plus longtemps que celles qui n’en boivent pas.

Les grandes études associent un café consommé avec modération à une baisse du risque de mortalité, y compris cardiovasculaire.

Mais le cardiologue insiste sur un point que beaucoup de buveurs de café ignorent : la plupart de ces travaux ne portent pas sur le café tel qu’il est bu en Espagne ou en France. Ils se basent souvent sur du café filtré, sans ajout, proche d’une infusion très claire.

Ce détail compte, car la méthode de préparation modifie la composition de la boisson. Certains procédés laissent passer davantage de lipides spécifiques du café, appelés diterpènes (cafestol, kahweol), connus pour augmenter le « mauvais » cholestérol LDL.

Filtré ou non filtré : un impact direct sur le cholestérol

Les données rassemblées dans la presse espagnole montrent que le type de café choisi joue un rôle tangible sur le profil lipidique sanguin. Les cafés non filtrés, comme le café bouilli, certains expressos de machine ou certaines préparations à froid, laissent circuler plus de diterpènes dans la tasse.

À l’inverse, le café filtré avec un filtre en papier retient la majeure partie de ces composés. Des études et méta-analyses anciennes mais solides montraient déjà que le café non filtré pouvait faire grimper le cholestérol, alors que le café filtré avait un effet beaucoup plus limité.

Des travaux plus récents, menés notamment en Suède dans des entreprises, ont mesuré le cafestol et le kahweol dans les cafés distribués par les machines de bureau. Les chercheurs estiment que remplacer trois tasses par jour de ce « café de machine » par du café filtré sur papier pourrait réduire le LDL de manière significative chez des employés.

Pour une personne avec un LDL élevé, passer d’un café de machine non filtré à un café filtré peut devenir un geste de prévention cardiovasculaire.

Pour autant, El Español rappelle que d’autres recherches montrent aussi un bénéfice global du café, même sucré avec modération, par rapport au fait de ne pas en boire du tout. Là encore, la prudence reste de mise, car les études ne détaillent pas toujours précisément le mode de préparation utilisé.

Le rôle controversé de la lait : ce que dit la science

Dans son analyse, José Abellán aborde ensuite un sujet qui touche directement le quotidien : le café avec ou sans lait. Il résume de manière franche l’état des connaissances : selon lui, « un petit filet de lait diminue déjà beaucoup l’absorption des antioxydants et des phénols ».

Les données scientifiques relayées par El Español montrent qu’un essai chez l’humain a constaté qu’ajouter du lait au café réduisait la récupération urinaire de certains acides clorogéniques et de leurs métabolites. C’est un indice de biodisponibilité plus faible de ces composés bénéfiques quand la boisson est mélangée avec du lait.

Des revues scientifiques font écho à ce phénomène. Elles décrivent des interactions entre les protéines du lait et les polyphénols, qui pourraient masquer une partie de l’activité antioxydante du café. Les auteurs demandent toutefois de rester prudents, car tout dépend des doses, du type de lait, du type de café et de la méthode utilisée pour évaluer l’effet.

Les interactions entre protéines laitières et polyphénols peuvent moduler, voire réduire, l’activité antioxydante mesurée du café.

La littérature ne va pas toutes dans la même direction. Dans le cas du thé noir, certains essais n’ont pas observé de différence marquée d’activité antioxydante en ajoutant du lait, tandis que d’autres ont mis en évidence une baisse de la « capacité antioxydante totale » de la boisson quand elle était mélangée.

Une vision plus nuancée des mélanges café-lait

Les travaux cités par le média espagnol soulignent que le contexte compte : matrice alimentaire, temps d’infusion, méthodes de mesure in vitro ou in vivo. Ce qui se passe dans un tube à essai ne reflète pas toujours fidèlement ce qui se produit dans le corps humain après digestion et métabolisation.

En 2023, une équipe de Copenhague a même rapporté que la combinaison de protéines laitières avec des polyphénols pouvait doubler l’effet anti-inflammatoire dans certaines cellules immunitaires. Ces résultats restent limités à des études cellulaires et demandent à être confirmés chez l’humain, mais ils suggèrent que le duo lait + café n’est pas systématiquement défavorable.

Dans ce contexte complexe, José Abellán livre une position mesurée. Pour lui, un petit ajout de lait ne suffit pas à effacer les points positifs du café sur la santé. L’enjeu viendrait plutôt des quantités utilisées et des autres ingrédients ajoutés.

L’avis du cardiologue espagnol : un petit filet de lait ne supprime pas les bénéfices globaux du café, mais il faut rester raisonnable.

L’ingrédient qui sabote le plus les bénéfices du café

Au fil de ses messages, José Abellán finit par cibler clairement l’« ennemi » principal du café pour le cœur : le sucre ajouté. Il recommande de l’éviter autant que possible, tout en rappelant l’importance de garder le plaisir de la boisson.

Les sociétés savantes de cardiologie mettent en garde depuis des années contre les excès de sucres ajoutés, associés à un profil cardiométabolique défavorable. Elles conseillent de limiter fortement ces apports, et la marge tolérée fond rapidement dès que l’on multiplie les cafés avec sirop, crème fouettée ou toppings sucrés.

  • Café nature filtré : bénéfices cardiovasculaires potentiels les plus nets.
  • Café avec un peu de lait : bénéfices probablement conservés, dans un cadre modéré.
  • Café très sucré, avec sirops et crèmes : bénéfices amoindris, profil métabolique alourdi.

Dans certains cas, le sucre et les ajouts gras peuvent transformer la tasse en véritable dessert liquide. C’est là que le cardiologue considère que l’impact cardioprotecteur du café peut se retrouver largement annulé, parfois à hauteur de l’essentiel des bénéfices attendus.

Et la graisse saturée dans tout ça ?

Au-delà du sucre, un autre ingrédient inquiète les cardiologues : la graisse saturée. José Abellán rappelle que les produits laitiers entiers, les crèmes épaisses, certaines préparations gourmandes ou le beurre battu dans le café apportent ce type de graisses.

Abuser de la graisse saturée issue des produits laitiers entiers accroît le risque de maladie cardiaque, rappelle le spécialiste.

Les recommandations des grandes sociétés de cardiologie invitent à réduire la part de graisses saturées au profit de graisses insaturées, comme celles de l’huile d’olive, des huiles de graines, des fruits à coque et des poissons gras. Appliqué au café, cela revient à éviter la consommation répétée de boissons très riches en crème entière ou en laits très gras.

Pour un cœur déjà fragilisé ou un cholestérol élevé, une habitude quotidienne de café très sucré avec crème entière peut devenir un facteur aggravant discret, mais réel.

À quoi ressemble un café « ami du cœur » ?

Les conseils pratiques rapportés par El Español permettent de guider les consommateurs. D’après les explications de José Abellán, un café plus favorable au cœur se construit en trois étapes simples :

  • Privilégier le café filtré avec filtre en papier lorsque le LDL est élevé, plutôt que les cafés non filtrés ou certains cafés de machine.
  • Limiter la quantité de lait à un simple trait, ou choisir des boissons végétales sans sucres ajoutés, idéalement enrichies en calcium et en vitamine B12.
  • Réserver les sirops, crèmes fouettées et toppings sucrés pour des occasions exceptionnelles, pas pour chaque tasse quotidienne.
  • Avec ces ajustements, le café redevient une boisson et non un dessert, ce qui aide à conserver le meilleur de ses effets supposés sur la longévité et la santé cardiovasculaire.

    Ce que cela signifie pour les amateurs de café en France

    En France, le café occupe une place similaire à celle qu’il a en Espagne, avec une large diffusion de l’expresso, des capsules et des boissons gourmandes en chaîne ou en restauration rapide. Le message envoyé par le cardiologue espagnol s’applique largement aux habitudes françaises.

    Le principe reste le même : un café filtre ou un expresso peu sucré, avec peu de lait ou un lait moins gras, s’inscrit plus facilement dans un mode de vie protecteur pour le cœur. À l’inverse, multiplier les « latte » riches en lait entier, sirops parfumés et crème fouettée augmente l’apport quotidien en sucres libres et en graisses saturées.

    Type de boisson Impact probable sur le cœur
    Café filtré sans sucre Profite au profil cardiovasculaire chez de nombreux consommateurs
    Expresso avec un nuage de lait Effet globalement neutre à légèrement favorable, selon le reste de l’alimentation
    Boisson gourmande avec sirop et crème Apport élevé en sucres et graisses, peut compromettre une partie du bénéfice

    En France comme en Espagne, le suivi régulier avec un médecin généraliste ou un cardiologue permet d’adapter ces conseils à chaque profil : cholestérol, tension, diabète, poids ou antécédents familiaux.

    Quelques repères pour adapter sa tasse au quotidien

    Pour les buveurs très attachés au goût sucré, les spécialistes suggèrent souvent une réduction progressive des quantités. Par exemple, passer de deux cuillères de sucre à une, puis à une demi, sur plusieurs semaines, laisse le temps au palais de s’habituer. Certains choisissent transitoirement des édulcorants, sans en faire un réflexe systématique.

    Autre repère utile : observer l’ensemble de la journée. Un café occasionnel avec crème et sirop peut s’intégrer dans un mode de vie globalement équilibré. En revanche, répéter ce type de boisson plusieurs fois par jour fait rapidement grimper les apports caloriques, sucrés et gras, ce qui peut nuire au cœur sur le long terme.

    Enfin, l’exemple du café illustre une notion souvent mal comprise : un aliment potentiellement bénéfique peut voir son intérêt fortement réduit, voire annulé, par les ingrédients ajoutés. Sucre et graisses saturées transforment une boisson intéressante en source de risques si les excès deviennent la norme. Pour le cardiologue espagnol cité par El Español, l’enjeu n’est pas de renoncer au café, mais de choisir une tasse qui soutienne vraiment la santé du cœur.

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