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La scène la plus dégoûtante de l’histoire du cinéma selon la science : ce n’est pas un film d’horreur

La scène la plus dégoûtante de l'histoire du cinéma selon la science : ce n'est pas un film d'horreur

Une équipe de chercheurs a passé cinq ans à mesurer, scientifiquement, ce qui nous écœure le plus au cinéma. Le résultat pointe un film culte américain, loin des classiques de l’horreur.

Selon une étude évoquée par un média en ligne néerlandais, la scène de film la plus répugnante jamais vue par des spectateurs ne vient ni d’un slasher sanglant ni d’un film gore. Les chercheurs ont plutôt désigné une œuvre culte américaine des années 1970, signée John Waters, qui revendique elle-même le mauvais goût comme manifeste artistique.

Une étude scientifique pour mesurer la nausée au cinéma

Pour établir ce palmarès très particulier, des chercheurs ont suivi une méthode précise sur cinq ans. Ils ont commencé par sélectionner plus de 250 films, tous genres confondus, des films d’horreur évidemment, mais aussi des comédies, des drames et des œuvres inclassables.

Près de 500 volontaires ont accepté de participer à l’expérience. Leur mission : regarder des extraits soigneusement choisis, puis évaluer l’intensité du dégoût ressenti. Avant chaque scène, les participants fixaient un écran totalement vide pendant trente secondes afin de « vider » leurs pensées, leurs émotions et leurs souvenirs récents. L’idée était de repartir d’un état mental neutre, pour que seule la scène montrée déclenche la réaction mesurée.

Après chaque extrait de 30 secondes, les participants notaient leur dégoût sur une échelle de 1 à 8, du presque supportable à l’écœurement total.

Ce protocole a été appliqué à chaque film et à chaque extrait, de manière standardisée, afin de comparer les réponses. À la fin, les chercheurs disposaient d’une base de données de réactions de spectateurs sur des dizaines de scènes réputées difficiles à regarder.

« Pink Flamingos », triomphe douteux du mauvais goût

Au bout de ces cinq années d’analyse, un titre s’impose comme champion incontesté du dégoût : Pink Flamingos, réalisé par John Waters et sorti en 1972 aux États-Unis. L’étude lui attribue la « scène la plus dégoûtante de l’histoire du cinéma », devant les grands classiques de l’horreur.

Pink Flamingos est une comédie noire criminelle, considérée comme un pilier de ce que le cinéaste appelle sa « Trash Trilogy », aux côtés de Female Trouble (1974) et Desperate Living (1977). Le film met en scène la drag-queen culte Divine, qui incarne Babs Johnson, criminelle marginale vivant dans une caravane et fière de son titre autoproclamé de « personne la plus sale du monde ».

Elle cohabite avec sa mère Edie, son fils Crackers et sa compagne Cotton. Ce petit groupe vit en marge de la société, dans une esthétique volontairement sordide et outrancière. Face à Divine, un couple rival, les Marbles, jaloux de sa réputation, veut la surpasser en abjection. La surenchère de saleté, de provocations sexuelles et de violences donne naissance à une série de séquences de plus en plus extrêmes.

Une scène culte devenue légende urbaine

L’étude citée par le média néerlandais ne précise pas formellement quelle scène exacte de Pink Flamingos a été montrée aux volontaires. Le film regorge de moments célèbres pour leur caractère répugnant. Mais un passage revient systématiquement dans les discussions : la séquence finale.

La fin du film montre Divine mangeant des excréments de chien, sur la chanson « How Much Is That Doggy in the Window? ». Le narrateur John Waters insiste : « C’est du vrai ! »

Ce plan, tourné avec de véritables déjections canines, a contribué à forger la légende du film. Il illustre parfaitement la devise choisie par John Waters pour promouvoir son œuvre : « An exercise in poor taste », soit un exercice délibéré de très mauvais goût. Le réalisateur met en avant la nudité, le langage cru, la scatologie, la provocation gratuite, et un regard volontairement tordu sur la morale et la connaissance.

Une expérience que la majorité des spectateurs n’oublie pas

Les chiffres recueillis par les chercheurs donnent une idée du choc ressenti. Sur l’échelle de 1 à 8, la scène testée de Pink Flamingos obtient une note moyenne de 6,45. Ce score la place largement en tête des extraits analysés.

  • Score moyen de dégoût : 6,45 sur 8
  • 84,9 % des participants déclarent avoir ressenti du dégoût plus d’une fois pendant la scène
  • Plus de 250 films comparés sur une période de cinq ans

Ces résultats amènent les chercheurs à considérer Pink Flamingos comme « l’expérience cinématographique la plus répugnante » vécue par les participants. De nombreux films d’horreur regorgent de morts violentes, de mutilations ou de décapitations. L’étude rappelle toutefois que les moments les plus difficiles à supporter ne viennent pas toujours du gore classique, mais aussi d’images humiliantes, gênantes ou transgressives issues d’autres genres.

Un film culte, longtemps censuré, devenu objet d’étude

À sa sortie, Pink Flamingos choque une partie du public et des autorités. Le film aligne des scènes autour de thèmes extrêmes : exhibitionnisme, voyeurisme, sodomie, masturbation, boulimie, vomissements, viol, inceste, meurtre, maltraitance animale, cannibalisme, zoophilie, castration, fétichisme des pieds… Une liste qui montre l’ampleur de la provocation.

Le long-métrage a été interdit dans plusieurs pays et dans certains États américains, tant son contenu était jugé intenable pour le public.

Malgré ces interdictions, l’œuvre finit par s’imposer comme un film culte. Projetée dans des séances de minuit, appréciée par des spectateurs en quête de transgression, elle obtient progressivement une reconnaissance critique. John Waters devient une figure emblématique d’un cinéma underground qui revendique l’excès, la vulgarité et l’irrévérence comme arme artistique contre les normes sociales.

Aujourd’hui encore, Pink Flamingos n’est pas facilement accessible sur les grandes plateformes de vidéo à la demande mentionnées pour les Pays-Bas. Le média en ligne précise que le film n’y est pas proposé, mais qu’il reste disponible à l’achat en DVD. Ce statut de film introuvable sur les services grand public contribue à entretenir son aura sulfureuse.

Pourquoi certaines images nous dégoûtent-elles autant ?

Le dégoût est une émotion de protection. Biologiquement, il sert à nous éloigner des substances potentiellement dangereuses : aliments avariés, fluides corporels, saletés visibles. Au cinéma, certains réalisateurs comme John Waters détournent ce réflexe instinctif pour provoquer une réaction physique très forte chez le spectateur.

Dans le cas de Pink Flamingos, la dimension réelle de certaines scènes, comme l’ingestion d’excréments, renforce encore l’impact. Le spectateur sait qu’il ne s’agit pas d’un effet spécial, ce qui rend la séquence presque insupportable pour certains. L’étude rappelle ainsi que la perception du « vrai » ou du « faux » joue un rôle central dans l’intensité du dégoût ressenti.

Type d’image Réaction fréquente
Violence stylisée, effets spéciaux Distance, parfois amusement ou peur contrôlée
Saleté réaliste, fluides corporels, humiliations Écœurement, malaise, gêne prolongée

Et en France, quelle place pour ce cinéma extrême ?

En France, la classification des films relève du Centre national du cinéma (CNC), qui peut imposer des interdictions aux mineurs, assorties ou non d’un avertissement, voire interdire certains films à la totalité du public. Les œuvres jugées les plus violentes ou les plus explicites sur le plan sexuel finissent parfois dans des circuits très confidentiels.

Le cinéma de John Waters a été diffusé en France, notamment dans des cinémathèques, des festivals spécialisés et des salles d’art et essai. Comme ailleurs, Pink Flamingos y circule surtout dans des réseaux de cinéphiles avertis. Le public français, habitué à un certain cinéma d’auteur provocateur, reste toutefois confronté aux mêmes limites : la censure administrative possible et les choix des exploitants de salles ou des plateformes, souvent frileux avec ce type de contenu.

Les spectateurs français intéressés par ce genre de film se tournent en général vers des éditions vidéo spécialisées ou des projections événementielles. La logique est proche de celle décrite dans l’article néerlandais : pas de mise en avant en streaming grand public, mais une disponibilité pour qui cherche délibérément ce type d’expérience.

Voir ou ne pas voir « Pink Flamingos » ?

L’article néerlandais s’achève sur une question simple : faut-il regarder Pink Flamingos ? La réponse dépend largement de la tolérance de chacun à l’extrême. Les scènes décrites et les thèmes abordés montrent que le film va bien au-delà de la simple comédie trash. Il s’agit d’un manifeste radical sur le mauvais goût, pensé pour repousser les limites de ce que le spectateur accepte de voir.

Pour un public français curieux d’histoire du cinéma, l’œuvre représente un jalon important du cinéma underground américain et de la culture queer des années 1970. Mais l’étude citée par le média néerlandais prévient à sa manière : même des spectateurs prévenus ressortent très marqués par certaines images, qui continuent à les hanter longtemps après la projection.

Questions fréquentes

Quel est le film jugé le plus dégoûtant selon cette étude ?

« Pink Flamingos » de John Waters, sorti en 1972 aux États-Unis, a obtenu la note moyenne de 6,45 sur 8 pour le dégoût ressenti par les 500 participants, dépassant tous les films d'horreur analysés.

Pourquoi « Pink Flamingos » surpasse-t-il les films d'horreur en matière de dégoût ?

L'étude montre que le dégoût intense ne provient pas seulement de la violence gore, mais aussi d'images humiliantes, gênantes ou transgressives. Dans « Pink Flamingos », plusieurs scènes utilisent des éléments réels, dont la fameuse séquence finale mettant en scène des excréments véritables.

Comment l'étude a-t-elle mesuré le dégoût des spectateurs ?

Les chercheurs ont fait regarder à 500 volontaires des extraits de plus de 250 films sélectionnés, puis leur ont demandé d'évaluer leur dégoût sur une échelle de 1 à 8. Chaque participant devait vider son esprit pendant 30 secondes avant chaque scène pour assurer une réaction neutre.

Pourquoi le film a-t-il été censuré à sa sortie ?

« Pink Flamingos » aborde des thèmes extrêmes incluant l'exhibitionnisme, la sodomie, les vomissements, le viol, l'inceste, le cannibalisme et d'autres contenus jugés intenables, ce qui a motivé son interdiction dans plusieurs pays et États américains.

Comment accéder à « Pink Flamingos » aujourd'hui ?

Le film n'est pas disponible sur les grandes plateformes de vidéo à la demande aux Pays-Bas, selon le média cité, mais reste accessible à l'achat en DVD, contribuant à son aura sulfureuse et introuvable.

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