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Moniteur de ski depuis des années, il constate un changement net chez les familles : « les enfants sont plus choyés »

Moniteur de ski depuis des années, il constate un changement net chez les familles : « les enfants sont plus choyés »

En Autriche, un moniteur de ski expérimenté décrit des familles méconnaissables en quelques années, entre parents ultra présents et enfants moins endurants.

Interrogés par le journal autrichien Kleine Zeitung et relayés par le média allemand Focus Online, plusieurs moniteurs de ski tirent la sonnette d’alarme : sur les pistes, parents et enfants n’ont plus du tout les mêmes comportements qu’il y a dix ou quinze ans. Contrôle permanent des adultes, jeunes skieurs moins en forme, attentes plus fortes envers les cours… Leur témoignage éclaire une évolution profonde de la vie de famille bien au‑delà des vacances à la montagne.

« Les enfants sont plus choyés » : ce que voit le moniteur sur les pistes

Sébastian Schnitzer, moniteur de ski en Carinthie, au sud de l’Autriche, enseigne depuis des années aux enfants en séjour à la montagne. Avec le recul, il décrit un vrai tournant dans la manière dont les familles vivent ces vacances.

Pour ce professionnel, les jeunes skieurs sont « plus choyés » qu’autrefois et leurs parents surveillent la moindre minute du cours.

« Avant, tout était un peu plus détendu. Les enfants sont plus choyés », confie‑t‑il à Kleine Zeitung. Derrière cette formule, il pointe un changement global de mentalité. Selon lui, les parents modernes ont des attentes plus précises, suivent de près le déroulement du cours, posent davantage de questions et interviennent plus souvent.

Sa collègue Hildegard Zarre, également monitrice en Carinthie, confirme ce ressenti. Elle parle d’une « nouvelle attente » des familles : les cours de ski ne sont plus seulement un moment de jeu ou de découverte, mais un service encadré que les parents observent de très près. Elle résume en expliquant que les adultes regardent désormais « très exactement » si les enfants et le moniteur « se comportent bien ».

Des parents beaucoup plus contrôlants qu’auparavant

Sur le terrain, ces moniteurs constatent un glissement vers des comportements qu’ils jugent plus intrusifs. Plus de parents restent à proximité de la piste d’apprentissage, scrutent les réactions de leur enfant, évaluent la pédagogie du moniteur ou l’organisation du groupe.

  • Ils observent les pauses et la durée réelle de la séance.
  • Ils surveillent si l’enfant ne tombe pas « trop souvent ».
  • Ils interviennent parfois directement pour rassurer ou recadrer.
  • Ils attendent un retour détaillé en fin de cours.

Ce phénomène ne se limite pas à la montagne. Focus Online rappelle une étude intitulée « Parenthood Today », parue en 2019, qui montre que les parents consacrent aujourd’hui davantage de temps, d’énergie et d’attention au suivi de leurs enfants que les générations précédentes.

L’étude « Parenthood Today » décrit une parentalité plus investie et plus contrôlante, avec une surveillance accrue du quotidien des enfants.

Selon ce travail de recherche, les parents modernes accompagnent plus étroitement les devoirs, les loisirs, les relations sociales et les activités sportives. L’idée est d’optimiser au maximum le développement de l’enfant, mais ce surinvestissement peut se traduire par une pression supplémentaire pour lui… et pour les encadrants comme les moniteurs de ski.

Des enfants jugés « plus lourds » et moins sportifs

Au‑delà des comportements familiaux, ces professionnels décrivent aussi un changement physique très concret chez les jeunes qu’ils encadrent. « Les enfants sont devenus plus lourds », observe Hildegard Zarre dans Kleine Zeitung. Le terme renvoie à la fois au poids, à l’endurance et à la vivacité sur les skis.

Elle explique que transmettre un sport à ces enfants représente désormais un défi plus important : ils se fatiguent plus vite, s’essoufflent plus rapidement dans les exercices et manquent parfois de coordination pour progresser au même rythme qu’autrefois.

Les observations de ces moniteurs rejoignent les chiffres cités par Focus Online. Une étude « Active Healthy Kids Germany » montre qu’une majorité d’enfants et d’adolescents en Allemagne ne respectent pas la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé : 60 minutes d’activité physique par jour.

Selon « Active Healthy Kids Germany », la plupart des jeunes ne bougent pas une heure par jour et présentent une condition physique jugée « plutôt basse ».

D’après ce rapport, les enfants passent beaucoup de temps assis – à l’école, devant les écrans ou en transports – et leurs capacités motrices globales, comme l’équilibre, la force ou la coordination, sont évaluées à un niveau relativement faible. Sur des skis, cette moindre aisance se traduit immédiatement : chutes plus fréquentes, appréhension accrue, besoin de pauses plus régulières.

Pourquoi les moniteurs s’en inquiètent

Pour des moniteurs comme Schnitzer et Zarre, ces évolutions changent profondément leur métier. Ils doivent gérer à la fois des enfants moins habitués à l’effort et des parents qui interviennent davantage dans le déroulement du cours.

Avant Aujourd’hui
Parents plus en retrait pendant les cours Parents présents, attentifs, parfois très exigeants
Enfants plus habitués à jouer dehors Jeunes plus sédentaires, vite fatigués
Cours perçu comme un loisir Cours vu comme une prestation à rentabiliser

Les professionnels doivent adapter leurs exercices, multiplier les pauses et rassurer aussi bien les enfants que leurs parents. Ils insistent sur le fait que l’apprentissage d’un sport de glisse implique un minimum d’autonomie, de prise de risque encadrée et de confiance accordée à l’enseignant.

Ce que disent les études sur l’activité physique des jeunes

L’étude « Active Healthy Kids Germany » mentionnée par Focus Online s’inscrit dans un réseau international qui évalue régulièrement l’activité physique des enfants dans différents pays. Pour l’Allemagne, les chercheurs pointent plusieurs facteurs : temps d’écran en hausse, trajets quotidiens moins actifs, baisse de la pratique libre en extérieur.

Ils recommandent notamment aux familles :

  • d’encourager les déplacements à pied ou à vélo quand c’est possible ;
  • de limiter les périodes prolongées assises ;
  • d’intégrer des jeux actifs au quotidien, pas seulement dans le cadre d’un club ;
  • de valoriser l’effort et le plaisir de bouger, plutôt que la seule performance.

Les constats des moniteurs de ski autrichiens trouvent donc un écho dans des données scientifiques plus générales : les enfants de nombreux pays européens sont moins actifs, tandis que leurs parents suivent davantage chaque étape de leur éducation et de leurs loisirs.

Et en France : les stations et les moniteurs face aux mêmes mutations

En France, les écoles de ski, qu’elles appartiennent à l’École du ski français (ESF) ou à d’autres structures privées, rencontrent des tendances proches. Les professionnels évoquent depuis plusieurs années des enfants qui arrivent parfois en vacances sans réelle habitude d’exercice physique régulier, alors que le ski demande endurance, équilibre et tonicité.

Les moniteurs français, qui exercent un métier comparable à celui de Schnitzer et Zarre, doivent eux aussi composer avec des parents très impliqués. Ils expliquent souvent aux familles que l’enfant progresse mieux lorsqu’il peut se concentrer sur le groupe et sur les consignes, sans être constamment observé ou sollicité en bord de piste.

Les organismes publics et associatifs français encouragent par ailleurs le développement d’activités physiques régulières dès le plus jeune âge. L’objectif est similaire à celui de l’Allemagne : éviter une sédentarité trop forte et redonner une place au jeu actif, que ce soit dans la cour d’école, en club sportif ou pendant les vacances.

Comment mieux préparer un enfant à des vacances au ski

Les témoignages relayés par Focus Online donnent aussi des pistes concrètes pour les familles. Avant un séjour à la neige, quelques habitudes peuvent faciliter la vie des enfants… et celle des moniteurs :

  • réhabituer l’enfant à bouger régulièrement, avec de petites balades ou des jeux en extérieur ;
  • l’habituer à rester un moment sans la présence directe de ses parents, par exemple lors d’activités encadrées ;
  • le prévenir clairement qu’un moniteur prendra le relais sur les pistes ;
  • valoriser les chutes comme partie normale de l’apprentissage du ski ;
  • prévoir des temps de repos et ne pas surcharger les journées.

L’idée n’est pas de « laisser tout faire », mais de trouver un équilibre entre sécurité, confiance et autonomie. Sur les pistes comme ailleurs, ce dosage conditionne en grande partie le plaisir de l’enfant, ses progrès et la qualité de la relation avec les encadrants sportifs.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que les moniteurs de ski autrichiens observent de différent chez les enfants aujourd'hui ?

Ils constatent que les enfants sont plus choyés, moins autonomes, moins endurants et plus sédentaires. Sur les pistes, ils se fatiguent plus vite, tombent plus souvent et manquent de coordination pour progresser au même rythme qu'auparavant.

Comment les parents ont-ils changé leur comportement pendant les cours de ski ?

Les parents restent désormais à proximité de la piste, scrutent les réactions de leur enfant, évaluent la pédagogie du moniteur, observent les pauses et interviennent parfois directement. Ils attendent aussi un retour détaillé en fin de cours, ce qui ne se faisait pas avant.

Quels sont les facteurs scientifiques qui expliquent cette baisse de la condition physique des enfants ?

Selon l'étude « Active Healthy Kids Germany », la majorité des enfants ne respectent pas la recommandation de 60 minutes d'activité physique par jour. Les causes incluent un temps d'écran en hausse, des trajets quotidiens moins actifs et une baisse de la pratique libre en extérieur.

Comment cette évolution affecte-t-elle le métier de moniteur de ski ?

Les moniteurs doivent gérer des enfants moins habitués à l'effort physique tout en répondant aux demandes accrues de parents interventionnistes. Ils doivent adapter leurs exercices, multiplier les pauses et rassurer à la fois les enfants et leurs parents.

Cette tendance ne concerne-t-elle que l'Autriche ?

Non, les mêmes phénomènes sont observés en France et en Allemagne. Les écoles de ski françaises, notamment celles de l'ESF, rencontrent des tendances similaires avec des enfants moins actifs et des parents plus impliqués.

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