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Ces applications invisibles espionnent votre téléphone sans que vous le sachiez : les signaux qui doivent vous alerter

Ces applications invisibles espionnent votre téléphone sans que vous le sachiez : les signaux qui doivent vous alerter

De l’Italie aux autres pays, des logiciels espions discrets transforment les smartphones en outils de surveillance, souvent sans que la victime ne s’en rende compte.

Dans un article relayant un rapport de l’éditeur de sécurité Kaspersky, un média italien met en garde contre le stalkerware, ces applications invisibles capables de surveiller un téléphone dans les moindres détails. Le phénomène, qui touche des dizaines de milliers de personnes dans plus de 160 pays, soulève des questions de sécurité numérique mais aussi de violences conjugales et de harcèlement, avec des signaux parfois très discrets pour les victimes.

Des applications d’espionnage qui se cachent dans votre smartphone

Le stalkerware désigne des logiciels installés sur un smartphone dans le but de le surveiller sans que son propriétaire ne le sache. Une fois en place, l’application peut permettre à une autre personne de suivre la position, de lire les messages, de consulter les photos, d’écouter les appels ou encore d’observer l’activité en ligne.

Ces logiciels misent sur la discrétion. Certains se dissimulent derrière un nom anodin, d’autres ne s’affichent pas clairement dans la liste des applications ou fonctionnent en arrière-plan avec des icônes neutres. L’objectif reste le même : rendre la surveillance difficile à repérer au quotidien.

Le rapport publié par Kaspersky en 2026 fait état de plus de 34 000 utilisateurs touchés entre 2024 et 2025, et d’environ 127 000 personnes ciblées sur les cinq dernières années. Les détections concernent plus de 160 pays, avec une concentration notable en Russie, au Brésil et en Inde pour l’année 2025.

Au-delà du vol de données, le stalkerware transforme le téléphone en instrument de contrôle permanent, en révélant habitudes, déplacements et relations personnelles.

Les chercheurs de Kaspersky signalent aussi l’apparition de 33 nouvelles familles de stalkerware sur la période étudiée, ce qui montre que ce type de logiciel continue à être développé et commercialisé, malgré les alertes des associations de défense des victimes.

Des signaux souvent discrets, mais qui doivent vous alerter

Un smartphone espionné ne se comporte pas toujours de manière flagrante. Aucun message d’alerte n’apparaît sur l’écran, et l’icône de l’application espionne peut être absente ou déguisée. Certains comportements doivent toutefois attirer l’attention, surtout s’ils surviennent soudainement.

Batterie, données, paramètres : les anomalies à surveiller

  • Autonomie en chute libre : une batterie qui se vide beaucoup plus vite qu’avant, sans changement d’usage évident, peut traduire une activité intense en arrière-plan.
  • Consommation de données anormale : un volume de données mobiles qui explose sans raison peut signaler l’envoi régulier d’informations à un tiers.
  • Applications inconnues : la présence d’une application que vous ne vous souvenez pas avoir installée mérite un examen, surtout si elle demande de nombreux accès.
  • Paramètres modifiés : sur Android, l’activation de l’installation depuis des « sources inconnues » alors que vous n’avez rien changé vous-même constitue un signal d’alerte.

Le média italien rappelle qu’une illustration courante associe ces risques à une scène domestique : un smartphone au centre de l’image et, à l’arrière-plan, une silhouette floue, symbolisant une présence qui observe sans être vue.

Aucun de ces éléments ne prouve à lui seul la présence d’un stalkerware. Une mise à jour de système peut par exemple expliquer une autonomie plus faible, et certaines applications préinstallées par le constructeur restent mal connues des utilisateurs. Ce qui doit inquiéter, c’est la combinaison de plusieurs anomalies ou le fait qu’une personne autour de vous paraisse tout savoir de vos déplacements, rendez-vous ou conversations privées.

Lorsque batterie, données, applis inconnues et curiosité excessive d’un proche se croisent, un contrôle plus poussé du téléphone devient légitime.

Un phénomène lié plus largement aux abus facilités par la technologie

Le rapport de Kaspersky s’inscrit dans une analyse plus vaste du « tech-enabled abuse », c’est-à-dire les abus facilités par la technologie. Selon les données recueillies, 45,7 % des personnes interrogées disent avoir subi au moins une forme d’abus numérique au cours des douze derniers mois.

Ce type de violences recouvre plusieurs réalités :

Type d’abus numérique Exemple concret
Harcèlement en ligne Messages insistants ou menaçants sur messagerie ou réseaux sociaux
Impersonation Création d’un faux profil pour se faire passer pour la victime
Surveillance non autorisée Installation de stalkerware sur le téléphone d’un partenaire
Exclusion intentionnelle Blocage d’accès à des comptes ou services partagés pour contrôler la victime

Le stalkerware n’est donc qu’un volet d’un phénomène plus vaste, qui mêle technologie et rapports de domination, notamment dans le couple ou la famille.

Que faire si vous pensez que votre téléphone est espionné ?

Face à un soupçon de stalkerware, la réaction instinctive consiste souvent à supprimer immédiatement l’application suspecte. Les spécialistes interrogés par Kaspersky invitent pourtant à la prudence, surtout si la personne à l’origine de la surveillance pourrait réagir violemment.

Évaluer le risque avant de toucher au téléphone

Si le contrôle du smartphone est lié à un conjoint, un ex-partenaire ou un proche potentiellement dangereux, effacer l’application peut l’alerter. Cette prise de conscience peut entraîner une escalade de menaces ou de violences.

Avant toute action technique sur un téléphone suspect, la priorité reste la sécurité de la personne, pas celle de l’appareil.

Les experts recommandent d’abord de chercher du soutien à partir d’un autre appareil considéré comme sûr, par exemple le téléphone d’un ami ou un ordinateur professionnel. Depuis ce terminal sécurisé, plusieurs démarches restent possibles :

  • Vérifier les connexions récentes aux comptes en ligne (messagerie, réseaux sociaux, services de stockage).
  • Modifier les mots de passe les plus sensibles (compte principal du téléphone, email, banque, réseaux sociaux).
  • Activer l’authentification à deux facteurs partout où c’est possible.
  • Consulter un logiciel de sécurité réputé capable de détecter les applications de surveillance.
  • La Coalition Against Stalkerware, qui regroupe des organisations spécialisées et des acteurs de la cybersécurité comme Kaspersky, conseille dans les situations les plus délicates de contacter des associations, des autorités ou des professionnels avant de modifier quoi que ce soit sur le téléphone. Conserver les preuves peut s’avérer utile dans le cadre d’une procédure judiciaire, mais doit toujours être mis en balance avec la sécurité immédiate de la victime.

    Stalkerware : où en est la situation en France ?

    En France, les faits de surveillance d’un conjoint ou d’un proche via un logiciel espion entrent dans le champ des atteintes à la vie privée et, selon les circonstances, des violences conjugales ou du harcèlement. Les enquêtes sont menées par la police nationale ou la gendarmerie, avec l’appui de services spécialisés en cybercriminalité.

    Les associations d’aide aux victimes de violences conjugales signalent elles aussi des cas où le téléphone devient un outil central de contrôle : géolocalisation permanente, lecture des messages, accès aux comptes. Les conseils donnés rejoignent en grande partie ceux relayés par Kaspersky : ne pas agir seule, évaluer le risque, se rapprocher d’un professionnel ou d’une structure spécialisée, et utiliser un appareil sûr pour demander de l’aide.

    Les éditeurs d’antivirus présents sur le marché français, sur ordinateur comme sur mobile, intègrent de plus en plus la détection de ce type de logiciel dans leurs outils. La difficulté reste de concilier protection technique et prise en compte de la dimension humaine et judiciaire des situations.

    Comprendre le fonctionnement du stalkerware pour mieux s’en protéger

    La plupart des stalkerwares nécessitent un accès physique initial au téléphone pour être installés. Une personne doit en général déverrouiller l’appareil, parfois quelques minutes seulement, pour autoriser l’installation et les permissions requises. Cette étape montre que le danger provient souvent de l’entourage proche plutôt que d’un pirate inconnu.

    Une fois installé, le logiciel peut :

    • transmettre régulièrement la position GPS de l’appareil ;
    • copier les messages et les journaux d’appels ;
    • enregistrer les touches frappées ou les captures d’écran ;
    • envoyer des rapports détaillés par internet à la personne qui l’a installé.

    Comprendre ce fonctionnement aide à adopter des réflexes de base : ne pas laisser son téléphone déverrouillé à la portée de personnes peu fiables, protéger l’accès par un code que l’on ne partage pas, se méfier des demandes insistantes pour « vérifier quelque chose » sur l’appareil.

    Pour un utilisateur en France comme ailleurs, la combinaison d’une vigilance quotidienne, d’outils de sécurité adaptés et d’un environnement de confiance reste la meilleure protection contre ces applications invisibles qui, une fois en place, touchent au cœur de la vie privée.

    Questions fréquentes

    Qu'est-ce qu'un stalkerware exactement ?

    Le stalkerware est un logiciel installé sur un smartphone à l'insu de son propriétaire pour le surveiller. Il permet à une tierce personne de suivre la position, lire les messages, consulter les photos, écouter les appels ou observer l'activité en ligne de la victime.

    Quels sont les principaux signaux d'alerte d'une infection par stalkerware ?

    Les signaux incluent une batterie qui se vide anormalement vite, une consommation de données mobiles qui explose, la présence d'applications inconnues, et des paramètres modifiés sans votre action (comme l'activation d'installation depuis des sources inconnues sur Android).

    Dois-je supprimer immédiatement une application suspecte si je la découvre ?

    Non, les experts recommandent de la prudence, surtout si la personne responsable de la surveillance pourrait réagir violemment. Supprimer l'application peut l'alerter et déclencher une escalade. Il faut d'abord évaluer le risque pour votre sécurité personnelle.

    Qu'est-ce que le « tech-enabled abuse » ?

    Il s'agit des abus facilités par la technologie, qui incluent le harcèlement en ligne, l'usurpation d'identité, la surveillance non autorisée (stalkerware) et l'exclusion intentionnelle de comptes partagés. Selon les données, 45,7 % des personnes interrogées ont subi au moins une forme d'abus numérique.

    Que faire si je soupçonne une infection par stalkerware mais que je crains pour ma sécurité ?

    Contactez d'abord une association, les autorités ou un professionnel avant de modifier quoi que ce soit. Depuis un appareil sûr (téléphone d'ami, ordinateur professionnel), vérifiez vos comptes en ligne et modifiez vos mots de passe sensibles en activant l'authentification à deux facteurs.

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