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Volkswagen ne fabrique pas que des voitures : sa boucherie maison produit des saucisses vendues jusqu’en supermarché

Volkswagen ne fabrique pas que des voitures : sa boucherie maison produit des saucisses vendues jusqu'en supermarché

En Allemagne, le constructeur automobile Volkswagen mise sur un produit inattendu pour soigner son image… et son chiffre d’affaires.

Connue pour ses Golf et ses SUV, la marque allemande Volkswagen s’illustre aussi dans un domaine beaucoup plus gourmand : la charcuterie. Comme le rapporte le site italien spécialisé Auto, l’entreprise fabrique elle-même ses célèbres saucisses au curry, servies aux salariés dans les cantines du groupe et commercialisées dans le commerce traditionnel.

Des saucisses plus populaires que certaines voitures Volkswagen

En 2024, Volkswagen a écoulé environ 4,8 millions de voitures dans le monde, avec un léger recul d’1,4 % par rapport à 2023. Pendant que l’activité automobile connaissait un passage un peu moins dynamique, un autre produit frappé du logo VW battait des records en Allemagne : les currywurst.

En 2024, Volkswagen a vendu 8,5 millions de ses propres saucisses, soit 200 000 de plus qu’en 2023.

Ces chiffres proviennent du comité d’entreprise du groupe, qui a mis en avant cette performance interne. « Nous célébrons un nouveau record de ventes », a annoncé sur LinkedIn Gunnar Kilian, directeur des ressources humaines de Volkswagen. Cette communication illustre à quel point ce produit alimentaire est devenu un symbole à part entière pour l’entreprise.

Dans les faits, Volkswagen vend donc davantage de saucisses que de certains modèles de voitures. Et ce succès ne repose pas seulement sur la nostalgie ou l’attachement des salariés : les produits se sont imposés comme de véritables best-sellers dans plusieurs circuits de distribution en Allemagne.

Une boucherie intégrée au cœur de l’empire Volkswagen

Les fameuses saucisses de Volkswagen ne sortent pas d’une usine sous-traitante, mais de la propre macellerie – la boucherie interne – du groupe. Cette unité de production est implantée à Wolfsburg, le fief historique du constructeur, en Basse-Saxe.

Commercialisé depuis 1973, ce würstel typiquement allemand a d’abord été conçu pour nourrir les salariés dans les cantines d’entreprise. Au fil du temps, l’offre s’est étendue :

  • service quotidien dans les restaurants d’entreprise Volkswagen ;
  • vente dans de nombreux supermarchés allemands ;
  • présence dans certains stades de football.

À l’intérieur du groupe, cette saucisse est considérée comme un « produit original » Volkswagen au même titre qu’un accessoire pour véhicule.

Le currywurst Volkswagen possède un véritable numéro de série, comme une pièce de rechange : 199 398 500 A.

La recette repose sur de la viande de porc hachée, agrémentée d’un mélange d’épices tenu secret en interne. Deux formats sont proposés : 13 cm et 25 cm, pour s’adapter aux différents usages, du sandwich rapide à l’assiette servie en cantine.

Un ketchup « pièce d’origine » lui aussi signé Volkswagen

Autre particularité, la marque commercialise également un ketchup dédié, lui aussi estampillé produit original VW. Il porte le numéro 199 398 500 B. Sa texture se veut plus épaisse que celle de nombreux ketchups concurrents, afin d’adhérer mieux à la saucisse et aux frites qui l’accompagnent.

Produit Numéro interne Volkswagen Caractéristique principale
Saucisse currywurst 199 398 500 A Würstel de porc, épices secrètes, longueurs 13 ou 25 cm
Ketchup VW 199 398 500 B Condiment plus visqueux qu’un ketchup classique

Selon les informations rapportées par Auto, le record de ventes 2024 tient aussi à l’introduction de nouvelles variantes. Une déclinaison spécialement pensée pour les hot-dogs, lancée en 2021, a déjà dépassé les 2 millions d’unités vendues à elle seule.

Une tentative de supprimer la saucisse qui a déclenché une fronde

Ce produit ne se limite pas à son succès commercial. Il fait désormais partie de la culture d’entreprise de Volkswagen. Au point que toute remise en cause de sa présence provoque des réactions très vives.

En 2021, la perspective de retirer le currywurst de la cantine de Wolfsburg a provoqué une véritable tempête interne.

Cette année-là, Volkswagen envisage de supprimer les fameuses saucisses de la cantine principale de Wolfsburg pour proposer une alternative végétarienne. L’initiative s’inscrit dans une démarche plus large visant à offrir des repas plus durables et moins carnés dans certains sites du groupe.

La réaction des salariés est immédiate. Le projet déclenche ce que le média qualifie de « révolte » ou de « sommossa » : de nombreux employés se mobilisent contre la disparition annoncée de ce mets emblématique. La polémique prend une telle ampleur qu’elle attire l’attention de responsables politiques allemands.

L’ancien chancelier Gerhard Schröder, qui siégeait autrefois au conseil de surveillance du groupe, prend publiquement position. Il lâche cette phrase cinglante, citée par Auto : « Si j’étais encore au conseil de surveillance de Volkswagen, une chose pareille ne serait jamais arrivée ». Une manière de rappeler le poids symbolique du currywurst dans l’histoire sociale de l’entreprise.

Face à la contestation, l’alerte finit par retomber. Les cantines Volkswagen continuent de servir des saucisses aux salariés, y compris à Wolfsburg, tout en développant par ailleurs des options plus végétariennes sur certains sites.

Un produit emblématique de la culture industrielle allemande

Au-delà de l’anecdote, cette histoire illustre la façon dont certaines entreprises allemandes entretiennent une véritable culture de la cantine. Chez Volkswagen, le currywurst constitue depuis des décennies un repère pour les salariés, au même titre que l’architecture des usines ou les modèles historiques de la marque.

  • Il crée un sentiment d’appartenance, notamment parmi les ouvriers de longue date.
  • Il incarne la continuité d’une tradition débutée dans les années 1970.
  • Il servait à l’origine d’avantage social, à prix abordable, pour les personnels du site.

Ce positionnement n’est pas isolé en Allemagne, où certains grands groupes industriels disposent encore de services internes très développés : restauration, formation, transports, voire logements pour une partie du personnel.

Des saucisses Volkswagen aussi en rayon, loin des chaînes de montage

Le succès du currywurst ne repose pas seulement sur la clientèle captive des employés. La boucherie Volkswagen alimente également des circuits de distribution grand public. Les saucisses estampillées VW se retrouvent dans plusieurs enseignes de supermarchés allemands, ainsi que dans des stades de football où elles accompagnent les matches de Bundesliga.

Le currywurst Volkswagen est passé du statut de simple repas de cantine à celui de produit de grande consommation en Allemagne.

Cette diversification renforce l’image de marque du constructeur. Pour un consommateur allemand, acheter un paquet de saucisses Volkswagen peut évoquer à la fois la qualité industrielle et une certaine forme de fierté nationale, au croisement de l’automobile et de la tradition culinaire locale.

Pour autant, ce produit reste très largement lié au marché allemand. En Italie, note Auto, ces saucisses restent largement méconnues du grand public. En France aussi, ce côté « boucherie maison » de Volkswagen demeure anecdotique au regard de l’image avant tout automobile du groupe.

Des constructeurs qui se diversifient : quel parallèle en France ?

Pour un lecteur français, la situation de Volkswagen illustre surtout la capacité d’un grand constructeur à se diversifier sur un produit dérivé inattendu, sans lien direct avec son cœur de métier. Les groupes automobiles français n’ont pas développé, à ce niveau, de production alimentaire intégrée comparable.

En France, certaines entreprises industrielles disposent bien de cantines importantes, parfois gérées par des sociétés spécialisées dans la restauration collective. Mais la production interne de produits de marque, destinés aussi bien aux salariés qu’aux supermarchés, reste marginale.

Les constructeurs français se concentrent plutôt sur des activités annexes directement liées à l’auto ou à la mobilité : financement, assurances, services connectés, bornes de recharge, location de véhicules. La présence sur le secteur alimentaire, elle, s’exprime plutôt via des partenariats ponctuels, comme des menus thématiques ou des opérations marketing dans des chaînes de restauration.

Le cas Volkswagen montre qu’un produit issu de la vie interne de l’entreprise peut devenir, avec le temps, un véritable symbole de marque et une source de revenus additionnels. En France, ce rôle symbolique est plus souvent joué par des objets promotionnels, des miniatures de voitures ou des collections textiles que par un aliment vendu en masse.

Currywurst, cantine d’entreprise et enjeux de transition alimentaire

La controverse de 2021 sur la suppression partielle de la saucisse en cantine met aussi en lumière une tension que connaissent de nombreuses entreprises européennes : comment proposer une alimentation plus durable, avec moins de viande, sans se mettre à dos des salariés attachés à certaines traditions culinaires ?

Le currywurst associe viande de porc et sauce au curry, le tout souvent servi avec des frites. Un plat gourmand, très ancré dans la culture populaire allemande, mais loin des recommandations actuelles en matière de réduction de la consommation de viande rouge et de charcuterie.

Pour une grande entreprise comme Volkswagen, la transition vers des menus plus végétariens ne se limite pas à une simple modification de carte. Elle touche à l’identité collective, au rapport au travail et aux habitudes de pause des salariés. L’épisode de Wolfsburg montre que cette transition doit être négociée, expliquée, et souvent étalée dans le temps.

Dans les années à venir, la question se posera de plus en plus pour les grandes cantines européennes : comment conserver certains repères identitaires, comme le currywurst chez Volkswagen, tout en intégrant davantage d’options végétales, moins émettrices de gaz à effet de serre ? De nombreux groupes testent déjà des approches mixtes, en maintenant les plats emblématiques certains jours seulement, ou en limitant les portions carnées.

Questions fréquentes

Depuis quand Volkswagen fabrique-t-il des saucisses?

Les saucisses Volkswagen sont commercialisées depuis 1973. Elles ont d'abord été conçues pour nourrir les salariés dans les cantines d'entreprise avant de devenir un produit vendu en grande distribution.

Combien de saucisses Volkswagen se sont vendues en 2024?

Volkswagen a vendu 8,5 millions de currywurst en 2024, soit 200 000 de plus qu'en 2023. Ce chiffre dépasse les ventes de voitures pour certains modèles du constructeur.

Où sont produites ces saucisses?

Les saucisses sont produites à Wolfsburg en Basse-Saxe, dans la propre macellerie intégrée du groupe Volkswagen, et non par un sous-traitant externe.

Pourquoi Volkswagen a-t-il tenté de supprimer le currywurst en 2021?

Le groupe envisageait de retirer le currywurst de la cantine principale de Wolfsburg pour proposer une alternative végétarienne, dans le cadre d'une démarche visant à offrir des repas plus durables et moins carnés. Cette initiative a provoqué une « révolte » des salariés.

Le currywurst Volkswagen est-il vendu en dehors de l'Allemagne?

Le currywurst reste très largement lié au marché allemand. Il se retrouve dans plusieurs enseignes de supermarchés allemands et dans des stades de football, mais sa distribution internationale reste limitée.

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