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Au Japon, des chauves s’affrontent dans un tir à la corde fixé sur leur crâne : c’est un homme de 91 ans qui l’emporte

Au Japon, des chauves s'affrontent dans un tir à la corde fixé sur leur crâne : c'est un homme de 91 ans qui l'emporte

Dans le nord du Japon, un village organise un concours d’automne étonnant où des hommes chauves transforment leur crâne en terrain de jeu.

À Tsuruta, une commune de la préfecture d’Aomori au Japon, un rassemblement annuel met à l’honneur les têtes dégarnies. Comme le rapporte le site spécialisé sur l’actualité japonaise Sumikai, des habitants chauves s’y affrontent dans un tir à la corde pas comme les autres, avec des ventouses fixées directement sur leur cuir chevelu.

Un concours d’automne sous le signe de la pleine lune

Le week-end du 28 septembre 2026, Tsuruta a accueilli son traditionnel rendez-vous d’automne dédié aux chauves. L’événement est organisé par l’association locale « Tsuru-ta Hagemasu-kai », un club fondé pour rassembler les personnes concernées par la calvitie et en rire ensemble.

Le programme du jour s’articule autour de deux temps forts : un jeu d’identification de crânes et un tournoi de tir à la corde à ventouses. Tout se déroule à l’occasion de la pleine lune d’automne, un moment symbolique au Japon, associé à la contemplation de l’astre nocturne.

À Tsuruta, la calvitie devient un prétexte à se réunir, à rire et à porter un autre regard sur les têtes chauves.

Un jeu où les crânes remplacent la pleine lune

Avant le tournoi de tir à la corde, les membres du club participent à un jeu appelé « Meigetsu ate ». En japonais, l’expression fait référence à la « pleine lune d’automne ». Le principe : présenter un crâne chauve comme on contemplerait la lune, puis demander aux participants de deviner à qui appartient cette tête brillante.

Neuf personnes ont pris part à ce jeu lors de l’édition 2026. La tâche s’est révélée plus difficile que prévu, même pour les habitués de longue date de l’association. Beaucoup de participants avaient une calvitie très avancée, au point de rendre les crânes presque impossibles à distinguer les uns des autres. Les membres eux-mêmes ont eu du mal à reconnaître leurs camarades.

  • Neuf participants au jeu d’identification de crânes
  • Crânes présentés comme une « pleine lune » devant le public
  • Deviner quel membre du club se cache derrière chaque tête chauve

Un tir à la corde fixé… sur le crâne

Après ce jeu d’observation, place au concours le plus spectaculaire : le tir à la corde à ventouses. Là encore, seules les personnes chauves peuvent participer. L’objectif n’est pas de tirer une corde classique, mais d’arracher à l’adversaire la ventouse collée sur son cuir chevelu.

Les règles sont simples. Deux concurrents se font face. Chacun fixe sur son crâne une ventouse à laquelle est attachée une corde. Une fois le signal donné, les deux tirent dans des directions opposées pour tenter de décoller la ventouse de l’autre. Celui qui parvient à détacher la ventouse de son adversaire remporte le duel.

Deux hommes, deux crânes chauves, deux ventouses reliées par une corde : le gagnant est celui qui arrache la ventouse de l’autre tête.

Un vétéran de 91 ans remporte le tournoi

En 2026, le tournoi d’automne a été marqué par une victoire inattendue. C’est un habitant de Tsuruta, Koshiro Demachi, âgé de 91 ans, qui a remporté le concours de tir à la corde à ventouses. Malgré son âge avancé, il a enchaîné les duels jusqu’à la première place.

Ce n’était pas sa première participation. Koshiro Demachi prend part aux événements du club depuis de nombreuses années, sans avoir jamais remporté le titre. Après sa victoire, il a confié qu’il n’avait pas imaginé un tel résultat. « Je participe depuis de nombreuses années, mais je n’ai jamais pensé à une victoire », a-t-il déclaré après la compétition. Loin de se reposer sur ce succès tardif, il a affirmé vouloir remettre son titre en jeu et tenter un nouveau succès lors de la prochaine édition.

Le tournoi se déroule selon un format bien défini. Deux participants s’affrontent en duels, organisés en plusieurs manches :

  • Jusqu’à trois manches par duel lors des grands tournois
  • Chaque manche dure 30 secondes maximum
  • Le premier à remporter deux manches gagne le duel
  • Une discipline déjà structurée au Japon

    Le tir à la corde à ventouses ne se limite pas au petit tournoi d’automne. L’association de Tsuruta a même mis en place une forme de championnat national. En janvier 2026, elle a déjà organisé la onzième édition de la « maîtrise nationale » de ce concours.

    Pour cette grande compétition, des participants viennent de plusieurs régions du Japon. Sumikai cite notamment des candidats originaires de Sapporo, de la préfecture de Miyagi, de Yokohama ou encore d’Hiroshima, tous rassemblés à Tsuruta autour de cette discipline loufoque mais très structurée.

    Lors de cette onzième édition, un homme nommé Kengo Kannari s’est imposé pour la deuxième année consécutive, confirmant son statut de référence du tir à la corde à ventouses au niveau national.

    Événement Période Lieu Vainqueur mentionné
    Tournoi national de tir à la corde à ventouses Janvier 2026 Tsuruta (Aomori) Kengo Kannari (deuxième titre d’affilée)
    Rassemblement de printemps Février 2026 Tsuruta (Aomori) Shingo Yoda (première victoire)
    Rendez-vous d’automne Week-end du 28 septembre 2026 Tsuruta (Aomori) Koshiro Demachi, 91 ans

    Un rendez-vous qui attire jusque depuis l’étranger

    Le succès du concours dépasse les frontières de la préfecture d’Aomori. Lors des événements organisés au printemps 2026, des invités venus d’autres régions du Japon ont fait le déplacement, ainsi qu’un visiteur venu du Royaume-Uni. Un participant originaire de l’île de Yonaguni, dans la préfecture d’Okinawa, à l’extrême sud du pays, a lui aussi pris part aux duels.

    Lors de ce rassemblement de février, la victoire est revenue à Shingo Yoda, qui s’est imposé pour la première fois. Le nom rappelle évidemment un célèbre personnage de fiction, sans lien avec la compétition, mais il illustre le ton volontairement léger et décalé de ces rencontres.

    Un club né pour assumer la calvitie avec humour

    Derrière ces images amusantes de ventouses et de crânes luisants se trouve une démarche assumée. L’association « Tsuru-ta Hagemasu-kai » a été fondée le 22 février 1989 par un habitant nommé Shozo Takenami. Son objectif : encourager les personnes chauves à assumer leur apparence avec humour et à ne pas en faire un complexe.

    Depuis 1989, l’association de Tsuruta utilise le rire et les jeux pour changer le regard sur la calvitie.

    Les activités du club reposent largement sur des jeux de mots et des animations centrées sur le manque de cheveux. Tout est pensé pour dédramatiser la calvitie, souvent source de moqueries ou de malaise, en particulier chez les hommes d’âge moyen ou plus âgés.

    Depuis janvier 2018, l’organisation bénéficie du statut officiel d’association à but non lucratif au Japon. Ses statuts précisent qu’elle veut, à travers ses événements, encourager un rapport positif à la calvitie tout en participant à l’animation de la vie locale dans la région.

    En France, humour et associations autour de la calvitie

    En France, il n’existe pas de championnat national de tir à la corde à ventouses réservé aux chauves. Les concours liés à la calvitie restent ponctuels et relèvent surtout de l’animation locale ou de démarches humoristiques, par exemple des élections de « Monsieur chauve » dans certaines communes ou des opérations de sensibilisation à l’acceptation de soi.

    Les personnes concernées par une perte de cheveux peuvent se tourner vers plusieurs types d’acteurs : associations de patients lorsque la calvitie est liée à une maladie, groupes de parole, ou encore professionnels de santé. La démarche repose moins sur l’organisation de compétitions publiques que sur l’accompagnement psychologique, l’information sur les traitements ou sur les solutions esthétiques comme les perruques et les compléments capillaires.

    Le cas de Tsuruta illustre une autre approche : faire de la calvitie un motif de rassemblement festif. Cette logique rejoint, en France, certaines initiatives qui utilisent l’autodérision pour aborder des sujets sensibles liés à l’apparence physique. Le principe reste le même : réduire la honte, favoriser les échanges, transformer un complexe en sujet de camaraderie.

    Une pratique ludique mais très encadrée

    Le tir à la corde à ventouses reste une activité ludique. Elle repose sur la capacité des ventouses à adhérer à un cuir chevelu dégagé. Les organisateurs doivent néanmoins encadrer la pratique, en veillant à limiter la durée des duels à 30 secondes et le nombre de manches, afin d’éviter des tensions excessives sur la peau ou des chocs lors des mouvements de recul.

    Les risques potentiels concernent surtout la peau du crâne : rougeurs, irritations, voire petites contusions au moment où la ventouse se détache. Les participants de Tsuruta sont des habitués et connaissent le principe. L’ambiance reste bon enfant, avec un public venu pour rire plutôt que pour assister à une épreuve de force.

    Ce type de concours montre comment une contrainte physique, en l’occurrence la perte de cheveux, peut devenir un support de loisirs et de cohésion sociale. À Tsuruta, cette démarche s’inscrit sur la durée, avec une association active depuis plus de trente ans, reconnue comme association à but non lucratif et capable d’attirer des concurrents venus de tout le Japon et même de l’étranger.

    Questions fréquentes

    Comment fonctionne exactement le tir à la corde à ventouses ?

    Deux concurrents se font face avec une ventouse fixée sur leur crâne, reliée par une corde. Ils tirent dans des directions opposées pour arracher la ventouse de l'adversaire. Le premier à remporter deux manches sur trois gagne le duel.

    Qui a fondé l'association Tsuru-ta Hagemasu-kai et pourquoi ?

    Shozo Takenami l'a fondée le 22 février 1989 pour encourager les personnes chauves à assumer leur apparence avec humour et à ne pas en faire un complexe. L'association utilise le rire et les jeux pour dédramatiser la calvitie.

    Le tir à la corde à ventouses est-il une discipline organisée au-delà du village de Tsuruta ?

    Oui, l'association organise une « maîtrise nationale » depuis plusieurs années, attirant des participants de différentes régions du Japon comme Sapporo, Yokohama et Hiroshima, ainsi que quelques invités internationaux.

    Y a-t-il d'autres activités lors des rassemblements du club ?

    Oui, avant le tournoi de tir à la corde, les membres participent à un jeu appelé « Meigetsu ate » où il faut deviner à qui appartient un crâne chauve présenté comme une pleine lune.

    Quel est le statut légal de l'association Tsuru-ta Hagemasu-kai ?

    Depuis janvier 2018, elle bénéficie du statut officiel d'association à but non lucratif au Japon et œuvre pour encourager un rapport positif à la calvitie tout en animant la vie locale.

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