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Des motos Norton reposent au fond de la mer après un naufrage : un photographe allemand les immortalise et remporte un prix

Des motos Norton reposent au fond de la mer après un naufrage : un photographe allemand les immortalise et remporte un prix

Au large de l’Égypte, un cargo britannique coulé pendant la Seconde Guerre mondiale abrite des motos Norton fantomatiques, récemment sacrées stars d’un prestigieux concours photo.

Un navire militaire englouti, des motos de la Seconde Guerre mondiale tapissées d’algues… et un photographe allemand récompensé pour avoir su saisir cette scène irréelle. Le site spécialisé moto, publié en espagnol, rapporte qu’un cliché sous-marin montrant des Norton 16H abandonnées dans une épave de la mer Rouge vient de décrocher un prix international et le titre de « Photographe sous-marin de l’année » pour Tobias Friedrich.

Un titre international grâce à des motos militaires englouties

Le concours évoqué par le média distingue chaque année les meilleures images sous-marines. Parmi quelque 5 000 clichés en lice, c’est une photo baptisée « Cycle War » qui a convaincu le jury.

Le photographe allemand Tobias Friedrich a obtenu le titre de « Photographe sous-marin de l’année » avec une image de motos Norton 16H gisant au fond de la mer Rouge.

Sur la photo, plusieurs motos britanniques Norton 16H apparaissent alignées, couvertes de coraux, d’algues et de coquillages. Des poissons les entourent, comme s’ils montaient une garde silencieuse autour de ces reliques d’un autre temps. L’image frappe autant les passionnés de photo que les amateurs de deux-roues, qui découvrent ces machines mythiques figées dans un décor presque irréel.

Pour les fans de moto, un détail saute aux yeux : ces engins n’ont pas fini leur vie dans un musée ni dans une collection privée, mais au fond de la mer, sacrifiés au hasard de l’histoire et de la guerre.

Le SS Thistlegorm, un cargo britannique coulé en 1941

Les motos photographiées reposent dans l’épave du SS Thistlegorm, un navire de la marine marchande britannique coulé en octobre 1941. Le cargo a sombré en mer Rouge, près de Ras Muhammad, à l’extrême sud du Sinaï, en Égypte, après un bombardement aérien allemand pendant la Seconde Guerre mondiale.

À son bord, le Thistlegorm transportait un impressionnant chargement militaire destiné aux forces alliées : munitions, armes, pièces détachées… mais aussi camions, qui eux-mêmes embarquaient des motos. C’est ainsi que les Norton 16H se sont retrouvées piégées dans les cales du navire et ont chuté avec lui jusqu’au fond de la mer.

Dans les soutes du SS Thistlegorm reposent encore des tonnes de matériel militaire, dont des camions chargés de motos Norton, figés depuis plus de 80 ans.

La zone est aujourd’hui l’un des sites d’épave les plus célèbres parmi les plongeurs expérimentés. À une trentaine de mètres de profondeur, la structure du navire, les wagons, les camions et ces motos forment un décor saisissant, où l’histoire militaire rencontre la vie marine.

Des motos de guerre figées dans un décor sous-marin

Sur « Cycle War », les Norton semblent encore rangées comme dans la cale d’un transport militaire. Seuls les coraux, les éponges et les jeux de lumière signalent qu’elles ont quitté la surface depuis des décennies. Les poissons du récif, indifférents à l’origine de ces objets, les utilisent comme abri.

Pour un photographe sous-marin, cette scène réunit plusieurs ingrédients rares : une épave emblématique, un sujet mécanique identifiable au premier coup d’œil par les passionnés, et un contraste très fort entre la fonction initiale de ces engins – la guerre – et le calme absolu qui règne désormais autour d’eux.

La Norton 16H, monture emblématique de la Seconde Guerre mondiale

Le modèle immortalisé par Tobias Friedrich, la Norton 16H, a largement servi les forces britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit d’une évolution d’une moto déjà utilisée durant la Première Guerre mondiale, modernisée pour répondre aux besoins du nouveau conflit.

  • Moteur monocylindre de 490 cm³ dérivé de la compétition sur l’île de Man
  • Puissance d’environ 14 chevaux
  • Vitesse maximale voisine de 109 km/h
  • Boîte de vitesses à quatre rapports
  • Réservoir d’environ 16 litres pour une bonne autonomie

La 16H n’était pas conçue pour le confort ou le raffinement. C’était un outil de guerre : robuste, simple à entretenir, dotée de freins à tambour et de suspensions rudimentaires, mais capable d’encaisser les pistes, la boue, le sable et les chocs du front.

Plus de 100 000 exemplaires de Norton 16H ont été produits pour les forces britanniques et leurs alliés pendant le conflit.

Avec un tel volume de production, de nombreux exemplaires ont survécu. On en trouve encore dans des collections privées ou lors de rassemblements de véhicules anciens, parfois restaurés dans leur livrée militaire d’origine.

Aucune, toutefois, n’offre un spectacle comparable à celles qui reposent dans le Thistlegorm, recouvertes de vie marine et baignées par la lumière bleutée filtrant de la surface.

Une image qui parle autant aux plongeurs qu’aux motards

L’intérêt de ce cliché pour un public large tient à la rencontre de deux univers : celui de la plongée sur épave et celui des motos anciennes. Les amateurs de sports mécaniques y voient un témoignage concret de la logistique militaire de l’époque, loin des images d’archives habituelles. Les plongeurs y trouvent une scène presque théâtrale, où les objets humains semblent rejoués par la mer.

Ce type d’image rappelle aussi le rôle des épaves comme refuges artificiels pour la faune. Avec le temps, un navire coulé devient un récif. Les surfaces métalliques sont colonisées, créant un environnement favorable à de nombreuses espèces.

Élément Sur le Thistlegorm Rôle actuel
Motos Norton 16H Ancien matériel militaire Support pour coraux, abri pour poissons
Camions et wagons Véhicules de transport Structure du récif artificiel
Coque du navire Cargo britannique de guerre Épave d’intérêt historique et touristique

Épaves et plongée : quelle réalité pour les passionnés français ?

Pour un lecteur en France, cette histoire fait écho à de nombreux sites d’épaves accessibles en Méditerranée, en Atlantique ou en Manche. La France compte elle aussi des navires coulés lors des deux guerres mondiales, devenus des lieux de plongée prisés, parfois avec des véhicules ou du matériel militaire encore visibles à bord.

Les clubs de plongée français encadrent ce type de sortie avec des règles strictes : niveaux requis, respect de la sécurité, mais aussi respect patrimonial. Les objets restent sur place, l’épave est considérée comme un site historique, parfois assimilable à une sépulture maritime. L’approche est similaire en Égypte sur le Thistlegorm, où les centres de plongée encadrent les visites.

Les photographes français spécialisés dans la plongée fonctionnent sur le même principe que Tobias Friedrich : préparation minutieuse, compréhension de l’histoire de l’épave et respect des lieux. Ils peuvent ensuite présenter leurs clichés à des concours photo français ou internationaux, qui consacrent régulièrement des images d’épaves.

La photo sous-marine, un exercice très technique

Une image comme « Cycle War » ne tient pas uniquement au sujet. Elle repose aussi sur une maîtrise technique pointue. Sous l’eau, la lumière baisse vite avec la profondeur, les couleurs se délavent, le contraste diminue. Les photographes utilisent donc souvent :

  • des éclairages artificiels (flashs ou phares) pour restituer les couleurs réelles des objets ;
  • des objectifs grand angle pour englober l’épave et le décor environnant ;
  • un positionnement précis pour éviter de soulever le sable ou la vase ;
  • une bonne flottabilité afin de ne pas toucher ni abîmer la structure.

Pour les motards passionnés d’histoire, ces images offrent une autre manière d’appréhender les machines militaires. Elles montrent comment des engins imaginés pour la vitesse et la communication au front deviennent, des décennies plus tard, des éléments fixes d’un paysage sous-marin, intégrés à un écosystème.

À l’inverse, elles rappellent aussi aux plongeurs que chaque épave a une histoire précise, avec une date, un contexte militaire ou commercial, des cargaisons parfois étonnantes. Derrière le décor spectaculaire, il y a toujours un épisode de la grande histoire, comme ce bombardement de 1941 qui a scellé le destin du SS Thistlegorm et de ses Norton 16H.

Questions fréquentes

Qui est Tobias Friedrich et quel prix a-t-il remporté ?

Tobias Friedrich est un photographe allemand qui a remporté le titre international de « Photographe sous-marin de l'année » grâce à sa photo baptisée « Cycle War » montrant des motos Norton 16H au fond de la mer. Son cliché a été sélectionné parmi environ 5 000 images en lice dans un concours international de photographie sous-marine.

Pourquoi des motos se trouvent-elles au fond de la mer Rouge ?

Les motos Norton 16H reposent dans l'épave du SS Thistlegorm, un cargo britannique coulé en octobre 1941 après un bombardement aérien allemand. Ce navire transportait des camions chargés de motos destinées aux forces alliées, qui se sont retrouvées piégés dans les cales du navire et ont coulé avec lui.

Qu'est-ce que la Norton 16H et combien en ont été produites ?

La Norton 16H est une moto britannique emblématique de la Seconde Guerre mondiale, équipée d'un moteur monocylindre de 490 cm³ capable d'atteindre environ 109 km/h. Plus de 100 000 exemplaires ont été produits pour les forces britanniques et leurs alliés, ce qui en fait un outil de guerre robuste et fiable.

À quelle profondeur se situe l'épave du Thistlegorm ?

L'épave du SS Thistlegorm repose à une trentaine de mètres de profondeur en mer Rouge, près de Ras Muhammad à l'extrême sud du Sinaï en Égypte. Elle est devenue l'un des sites d'épave les plus célèbres parmi les plongeurs expérimentés.

Comment les épaves sous-marines deviennent-elles des récifs artificiels ?

Avec le temps, un navire coulé devient un récif artificiel. Les surfaces métalliques sont progressivement colonisées par des coraux, des éponges et d'autres organismes marins, créant un environnement favorable à de nombreuses espèces de poissons qui utilisent l'épave comme abri et zone de vie.

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