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Des chercheurs ont mesuré les ondes à l’intérieur des voitures électriques : le résultat surprend jusqu’aux conducteurs inquiets

Des chercheurs ont mesuré les ondes à l'intérieur des voitures électriques : le résultat surprend jusqu'aux conducteurs inquiets

En Allemagne, une vaste étude publique s’est penchée sur les ondes émises dans les voitures électriques, pour vérifier si elles menacent la santé.

Commandée par l’Office fédéral allemand de protection contre les rayonnements, cette étude, relayée par le site spécialisé CarScoops et par le média américain The Cool Down, s’attaque à une crainte tenace : les voitures électriques émettraient des niveaux dangereux de rayonnements électromagnétiques. Les chercheurs ont passé plusieurs modèles au crible, sur route et sur piste, pour mesurer concrètement ce à quoi sont exposés les conducteurs et leurs passagers.

Une enquête présentée comme la plus détaillée menée à ce jour

L’étude a été pilotée par l’Office fédéral pour la protection contre les rayonnements en Allemagne, l’équivalent de l’Autorité de sûreté nucléaire et de l’ANSES en France pour tout ce qui touche aux rayonnements. Objectif : mesurer précisément les champs électromagnétiques (EMF) à l’intérieur des voitures électriques vendues en grand nombre, mais aussi de modèles dits « hautes performances », plus puissants.

Les chercheurs ont retenu des véhicules de plusieurs constructeurs et ont inclus dans la comparaison au moins une voiture à moteur essence, afin de disposer d’un point de repère. Les mesures ont été réalisées en conditions réelles de circulation sur les routes allemandes, mais aussi sur des pistes d’essai permettant de reproduire des phases bien précises, comme les fortes accélérations ou la recharge.

Les capteurs ont été positionnés à différents endroits de l’habitacle, en particulier au niveau des sièges, là où les occupants passent le plus de temps : place conducteur, passager avant, banquette arrière. Les scientifiques voulaient savoir à quelles valeurs exactes de champs magnétiques un conducteur ou un enfant assis à l’arrière pouvait être exposé, en conduite normale comme dans des situations plus extrêmes.

Selon le résumé officiel de l’Office fédéral allemand, il s’agit de « l’enquête la plus détaillée à ce jour sur l’exposition aux champs magnétiques dans les véhicules électriques ».

Des niveaux bien en dessous des limites de sécurité internationales

Premier enseignement majeur de cette enquête : les niveaux d’ondes mesurés dans les voitures électriques restent nettement en dessous des limites de sécurité recommandées au niveau international. Ils ne se distinguent pas vraiment de ceux observés dans la voiture essence utilisée comme référence.

Les chercheurs décrivent ce qu’ils appellent un style de conduite « doux » : accélérations progressives, vitesse stabilisée, usage courant du véhicule. Dans ces conditions, les champs mesurés à l’intérieur des voitures électriques se situent largement en deçà des seuils fixés par les organismes internationaux, comme la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP), fréquemment prise comme référence en Europe.

Les auteurs soulignent que les valeurs restent « sûres » pour les conducteurs, comparables à celles d’une voiture à essence soumise aux mêmes tests.

Cette conclusion répond directement à une inquiétude fréquente chez certains automobilistes, persuadés que la présence d’une grosse batterie et d’un moteur électrique générerait forcément des champs magnétiques bien plus élevés qu’avec un moteur thermique classique.

Des pics temporaires lors des accélérations et de la recharge

L’étude ne se limite pas à la conduite tranquille. Les chercheurs ont aussi cherché à savoir ce qui se passait lorsque le véhicule « tire » vraiment sur son système électrique : accélérations puissantes, fortes demandes de puissance, phases de recharge.

Dans ces situations, ils ont bien observé des pics ponctuels de champ magnétique. Certains de ces pics dépassent même, sur un laps de temps très court, les niveaux de référence qui servent en général de repère pour les autorités sanitaires. Fait intéressant : ce phénomène ne concerne pas uniquement les voitures électriques. Il a également été constaté sur la voiture essence, lors des phases d’effort mécanique plus important.

L’Office fédéral allemand indique que ces dépassements brefs n’ont « pas conduit à des valeurs supérieures aux maxima recommandés pour les champs électriques induits dans le corps ».

Autrement dit, même quand le compteur grimpe momentanément lors d’une accélération ou d’une recharge, l’effet sur l’organisme reste inférieur aux niveaux considérés comme à risque. Les chercheurs ne jugent donc pas ces pics suffisants pour susciter une inquiétude particulière pour la santé.

Les équipements intérieurs parfois plus “actifs” que le moteur

Autre élément marquant rapporté par CarScoops et The Cool Down : une partie des ondes mesurées ne vient pas du tout du système de propulsion, mais des équipements de confort à bord.

Les chercheurs citent notamment les sièges chauffants, présents dans une part croissante de véhicules, électriques comme thermiques. Ces équipements intègrent des résistances parcourues par un courant électrique pour produire de la chaleur. Résultat : elles génèrent aussi un champ électromagnétique, certes limité, mais parfois supérieur à celui produit par le moteur ou l’électronique de puissance lors d’une conduite tranquille.

Les champs générés par les sièges chauffants peuvent dépasser ceux du système de traction, tout en restant inférieurs aux seuils de sécurité.

Les auteurs rappellent que ces valeurs restent là encore sous les limites réglementaires. Elles ne sont pas considérées comme dangereuses pour la santé, mais elles illustrent un point peu intuitif : à l’intérieur d’une voiture moderne, les principales sources d’ondes ne sont pas forcément celles que l’on imagine.

Quelles sources d’ondes dans une voiture moderne ?

Au-delà du moteur et des sièges chauffants, plusieurs systèmes électriques contribuent aux champs électromagnétiques dans un habitacle :

  • les circuits de puissance (moteur, alternateur ou onduleur) ;
  • le réseau 12 V alimentant phares, essuie-glaces, climatisation ;
  • les systèmes multimédias et de communication (Bluetooth, GPS, Wi-Fi embarqué) ;
  • les équipements de confort (volant chauffant, pare-brise dégivrant, chargeurs à induction).

L’étude allemande confirme que, malgré cette accumulation de sources, les niveaux mesurés restent globalement modérés et conformes aux standards internationaux.

Que disent les autorités sanitaires allemandes ?

Dans le résumé rendu public, l’Office fédéral pour la protection contre les rayonnements adopte un ton rassurant. L’agence insiste sur le fait qu’aucune valeur mesurée ne dépasse les limites maximales recommandées pour l’exposition humaine.

Les autorités précisent que les références utilisées sont conçues pour protéger l’ensemble de la population, y compris les personnes les plus sensibles, comme les enfants ou les femmes enceintes. Les marges de sécurité intégrées dans ces recommandations restent donc importantes, même en présence de pics très courts.

Pour les conducteurs allemands, le message est clair : rouler en voiture électrique n’expose pas à des niveaux d’ondes plus préoccupants que la conduite d’un véhicule à essence moderne. Le choix entre thermique et électrique se fait sur d’autres critères : environnement, budget, usage quotidien, accès à la recharge.

Où en est la question des ondes dans les voitures en France ?

En France, la surveillance des expositions aux champs électromagnétiques revient principalement à l’ANSES, à l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) pour les réseaux sans fil, ainsi qu’à l’Autorité de sûreté nucléaire pour les rayonnements ionisants. Les voitures ne font pas l’objet d’une réglementation spécifique sur les ondes au-delà des normes internationales déjà appliquées par les constructeurs.

Les fabricants qui vendent leurs modèles sur le marché européen, y compris en France, doivent respecter des normes communes pour les champs électromagnétiques. Les résultats de l’étude allemande intéressent donc directement les automobilistes français qui roulent déjà en électrique ou envisagent de passer à ce type de motorisation.

Les grands principes restent les mêmes :

  • les véhicules sont conçus pour rester sous les limites fixées au niveau international ;
  • les pics éventuels lors des accélérations ou de la recharge restent très courts ;
  • une partie non négligeable des ondes provient d’équipements de bord courants, présents aussi dans les voitures thermiques.

Pour un conducteur français, l’intérêt principal de ces travaux tient à la comparaison directe entre électrique et essence : les ordres de grandeur sont similaires. Les inquiétudes spécifiques visant les voitures à batterie sur le plan des ondes ne se trouvent pas confirmées par les mesures réalisées en Allemagne.

Ce que recouvrent réellement les “champs électromagnétiques”

Le terme peut impressionner, mais il désigne un phénomène très courant : dès qu’un courant électrique circule, il crée un champ magnétique. Ce champ dépend de l’intensité du courant et de la fréquence à laquelle il varie. Un sèche-cheveux, un train, une ligne à haute tension ou un chargeur de téléphone émettent ainsi des champs électromagnétiques.

Dans le cas des voitures électriques, les fréquences concernées appartiennent à la catégorie des rayonnements non ionisants. Elles n’ont pas l’énergie nécessaire pour casser les liaisons de l’ADN, à la différence des rayonnements ionisants comme les rayons X ou les rayons gamma. Les débats scientifiques portent davantage sur les effets potentiels à long terme d’expositions répétées à certains niveaux, ce qui explique la prudence des autorités et l’existence de marges de sécurité importantes.

Des exemples concrets pour se repérer

Pour donner un ordre d’idée, un conducteur vit déjà entouré de champs électromagnétiques dans sa vie quotidienne : à la maison avec les appareils ménagers, au travail avec les équipements informatiques, dans les transports en commun avec les systèmes de traction et les antennes mobiles. La voiture ne représente qu’une source parmi d’autres.

Les résultats de l’étude allemande montrent que, même dans une voiture électrique en pleine accélération ou en recharge rapide, les niveaux restent contenus dans les limites établies. Les pics observés ressemblent davantage à des « coups de stress » très brefs du point de vue des ondes, que l’organisme est loin de subir en permanence.

Pour un automobiliste soucieux de limiter son exposition, quelques gestes simples peuvent être envisagés sans renoncer à la modernité du véhicule : éviter de coller systématiquement son téléphone au corps en mode partage de connexion, ne pas laisser inutilement activés tous les systèmes sans fil, ou encore limiter la durée d’utilisation des équipements purement de confort comme les sièges chauffants lorsqu’ils ne sont pas nécessaires.

Ces ajustements ne reposent pas sur un danger avéré dans les voitures électriques, que l’étude allemande ne met pas en évidence, mais sur une logique globale de réduction des expositions superflues dans la vie de tous les jours, quel que soit le moyen de transport utilisé.

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