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Les experts en psychologie sont unanimes : voici ce que révèle un sourire sans montrer les dents

Les experts en psychologie sont unanimes : voici ce que révèle un sourire sans montrer les dents

Un simple sourire sans montrer les dents peut sembler anodin. En Espagne, des spécialistes du comportement y voient pourtant un message bien précis.

En Espagne, un criminologue spécialiste du langage non verbal, relayé par un média en ligne, s’est penché sur ce geste que l’on croise partout : le sourire sans montrer les dents. Derrière cette expression très fréquente en société, il décrit un outil de communication à part entière, loin d’être neutre, qui renseigne sur nos émotions, nos intentions et notre manière de gérer les situations sociales.

Le sourire sans dents, une « sourire social » avant tout

Le criminologue espagnol José Ignacio Fernández, connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme « Soy Criminólogo », explique dans une vidéo publiée sur TikTok que ce sourire fermé correspond à ce qu’il appelle une « sourire social ». Il s’agit, selon lui, d’une expression utilisée lorsqu’aucun véritable stimulus ne provoque un sourire authentique.

Le sourire sans montrer les dents sert surtout à afficher une cordialité de façade et une attitude amicale, même quand l’émotion n’est pas vraiment là.

Dans ce type de situation, la personne ne rit ni ne se réjouit réellement, mais elle adopte ce sourire par convention. L’objectif principal : envoyer un signal de politesse, de proximité minimale, voire de neutralité bienveillante. Ce sourire fermé devient ainsi une sorte de « carte de visite » sociale, rapidement interprétée comme une tentative de rester agréable.

José Ignacio Fernández précise que ce sourire s’inscrit très souvent dans les interactions du quotidien : face à un voisin, à un collègue croisé dans le couloir, à un commerçant ou lors d’un premier contact. Il ne traduit pas forcément un lien fort ou une authentique joie, mais marque une volonté de ne pas paraître froid ou hostile.

Un outil de cordialité… mais aussi de contrôle de soi

Pour ce spécialiste du comportement, le sourire sans dents ne sert pas seulement à être aimable. Il peut aussi trahir une retenue émotionnelle. Il indique qu’« lorsqu’il apparaît soudainement », ce sourire peut signaler que la personne a une opinion ou une émotion qu’elle préfère garder pour elle.

Autrement dit, ce sourire fermé devient parfois un masque de contrôle. Une façon de ne pas laisser échapper ce que l’on pense réellement, de contenir un jugement, une critique ou une réaction jugée inadaptée au contexte.

  • Face à une remarque désagréable, il peut cacher un désaccord qu’on ne souhaite pas exprimer.
  • Dans une discussion tendue, il peut servir à apaiser la situation tout en maintenant une distance.
  • Lors d’un entretien professionnel, il peut traduire la volonté de rester « professionnel » malgré le stress.

Le criminologue rappelle alors un élément clé : ce sourire ne peut être interprété correctement qu’en tenant compte du contexte global. L’environnement, le sujet abordé, la relation entre les personnes et les autres signaux non verbaux (posture, regard, ton de la voix) orientent son sens réel.

Trois grandes fonctions sociales des sourires, selon la recherche

Au-delà du simple sourire fermé, un travail scientifique cité par le média espagnol apporte un cadre plus large. Une étude dirigée par Anna B. Orlowska, de l’Institut de psychologie de l’Académie polonaise des sciences à Varsovie, distingue trois grandes catégories de sourires en fonction de leur fonction sociale : les sourires de récompense, d’affiliation et de domination.

Les sourires de récompense : la joie partagée

Les sourires de récompense sont ceux qui expriment directement des émotions positives. Ils traduisent le plaisir, la satisfaction, la joie ou l’approbation. On les retrouve, par exemple, lorsqu’une bonne nouvelle tombe, quand un proche réussit quelque chose ou lors d’un moment de complicité assumée.

Le sourire de récompense cherche à générer un effet positif chez soi et chez les autres. Il signale que tout va bien et que la situation est agréable.

Dans ces cas-là, les dents sont souvent visibles, les yeux se plissent, les muscles du visage se détendent. L’expression paraît spontanée, difficile à contenir, et les personnes autour la perçoivent facilement comme authentique.

Les sourires d’affiliation : tisser et maintenir le lien

Viennent ensuite les sourires dits « affiliatifs ». Leur rôle principal consiste à créer ou entretenir des liens sociaux. Ils servent à rassurer l’autre, à lui montrer que l’on n’est pas une menace, à instaurer une atmosphère de confiance.

Ces sourires traduisent la bienveillance, l’amabilité ou la simple politesse. Ils apparaissent souvent dans les situations où l’enjeu relationnel est important : accueil d’un nouveau collègue, interaction avec un supérieur, rencontre avec la famille de son partenaire, etc.

Le sourire sans montrer les dents peut parfois relever de cette catégorie. Il envoie le message : « Je suis cordial, je respecte la distance sociale, je ne viens ni agresser ni envahir ton espace ». Il apaise, sans forcément dévoiler une grande intimité.

Les sourires de domination : supériorité et mise à distance

Enfin, l’étude évoque les sourires de domination. Ils se reconnaissent notamment à leur asymétrie : un côté du visage plus relevé que l’autre, une expression légèrement déséquilibrée. Ces sourires interviennent dans des contextes où se joue une forme de hiérarchie ou de rapport de force.

Les sourires de domination peuvent véhiculer la supériorité, le mépris ou la moquerie, et renvoient directement à la négociation du statut social entre deux personnes.

Ils peuvent apparaître, par exemple, lorsqu’une personne se sent gagnante dans un échange, lorsqu’elle se moque discrètement ou lorsqu’elle cherche à rabaisser l’autre sans prononcer une insulte explicite. Ce sourire est alors tout sauf neutre : il s’inscrit dans une stratégie de positionnement social.

Les chercheurs cités expliquent que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, la plupart des gens repèrent assez bien ces nuances. Ils assurent que les individus distinguent avec une grande précision ces trois types de sourires, même sans formation spécifique en psychologie.

Que signifie alors vraiment un sourire sans montrer les dents ?

À la lumière de ces travaux et des propos du criminologue espagnol, le sourire fermé se situe le plus souvent entre le sourire affiliatif et la gestion du contrôle de soi. Il peut marquer :

  • un simple respect des codes sociaux (dire bonjour, remercier, clore une interaction) ;
  • une volonté de paraître aimable, sans dévoiler une émotion profonde ;
  • une tentative de calmer une tension ou d’éviter un conflit ;
  • un moyen de dissimuler une opinion ou un ressenti jugés inopportuns.

En revanche, ce sourire ne signifie pas automatiquement hypocrisie ou fausseté. Il remplit souvent une fonction utile : permettre aux relations de rester fluides même lorsque les émotions ne sont pas parfaitement alignées avec le contexte.

Type de sourire Fonction principale Sourire avec ou sans dents
Récompense Exprimer la joie, l’approbation Le plus souvent avec dents, expression large
Affiliation Créer ou maintenir le lien social Avec ou sans dents, selon la proximité
Domination Marquer la supériorité ou le mépris Parfois asymétrique, dents visibles ou non

Ce que cela change pour un lecteur en France

Les mécanismes décrits par le criminologue espagnol et l’étude polonaise s’appliquent aussi aux interactions en France. Les règles sociales autour du sourire restent proches : un sourire franc, dents visibles, est souvent interprété comme un signe de chaleur et de spontanéité, alors qu’un sourire fermé peut paraître plus distant, plus contrôlé.

En France, les spécialistes de la communication non verbale et de la psychologie sociale évoquent des fonctions très comparables : sourire pour rassurer, montrer son appartenance au groupe, ou marquer sa position dans une interaction. Les contextes professionnels ou institutionnels, par exemple, favorisent largement la « sourire social » évoqué par José Ignacio Fernández.

Un salarié face à sa hiérarchie, un agent d’accueil, un commerçant ou un soignant en contact avec le public mobilisent souvent ce sourire sans dents pour rester courtois, même en cas de fatigue ou de désaccord. Le principe rejoint les observations faites en Espagne : l’expression sert surtout à réguler la relation et à maintenir un climat acceptable.

Comment mieux interpréter ces sourires au quotidien

Pour un lecteur français, l’intérêt de ces travaux tient à la capacité à mieux lire les situations sociales. Plutôt que de se focaliser uniquement sur le sourire lui-même, les psychologues recommandent de prêter attention à l’ensemble du langage corporel : regard, orientation du corps, gestes des mains, ton de la voix.

Un sourire fermé accompagné d’un regard fuyant et d’un corps tourné vers la sortie n’aura pas la même signification qu’un sourire identique, accompagné d’un regard direct et d’un corps ouvert. Dans le premier cas, il peut traduire la gêne ou l’envie d’écourter la conversation ; dans le second, il se rapproche davantage d’une politesse sincère, mais mesurée.

La temporalité compte aussi. Un sourire qui apparaît brutalement après une remarque sensible peut, comme le souligne le criminologue espagnol, indiquer que la personne se retient ou ne veut pas partager son opinion. À l’inverse, un sourire installé dès le début de l’échange relève davantage de la disposition générale à la convivialité.

Un geste simple, mais aux effets très concrets

Un sourire, même sans montrer les dents, influence la manière dont on est perçu au travail, en famille ou dans la rue. Les recherches en psychologie sociale montrent que les personnes souriantes apparaissent souvent plus accessibles, plus dignes de confiance et moins menaçantes.

Ce geste a aussi un impact sur soi-même. Sourire, même légèrement, peut contribuer à réduire la tension ressentie dans certaines situations et à faciliter la communication. Le sourire social, même s’il n’est pas le reflet pur d’une émotion de joie, aide parfois à désamorcer des conflits ou à rendre un échange plus supportable pour chacun.

Reste que ce code n’est pas universel : certaines personnes sourient peu pour des raisons culturelles, personnelles ou liées à leur histoire, sans que cela signifie forcément froideur ou hostilité. D’où l’intérêt, rappelé par les experts, d’interpréter chaque sourire fermé non pas isolément, mais en lien étroit avec le contexte, la personne et la relation déjà installée.

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